Le Fonds monétaire international vient de débloquer une nouvelle tranche de financement à destination du Kenya. Un total de 606,1 millions de dollars a été approuvé, réparti entre 485,8 millions au titre des Facilités de crédit étendu et de fonds élargi, et 120,3 millions via la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF). Ce décaissement s'inscrit dans le cadre d'un programme total de 3,61 milliards de dollars engagé avec Nairobi.
Une économie sous pression, mais en amélioration
Le Kenya présente un tableau contrasté. D'un côté, la croissance dépasse les taux régionaux, portée par une démographie dynamique et un secteur tech en expansion. De l'autre, la dette publique s'établissait encore à 67 % du PIB en 2024 — en recul par rapport aux 73,1 % de 2023, mais encore loin des objectifs de consolidation. Le déficit budgétaire est attendu à 3,9 % du PIB.
Le FMI reconnaît que « des retards dans la mise en œuvre des réformes ont contribué aux difficultés budgétaires », en référence notamment à l'annulation par le président William Ruto des hausses d'impôts prévues en juin dernier, face à des protestations populaires massives. Le gouvernement a depuis opté pour des ajustements de dépenses et un recours accru à l'emprunt pour boucler son budget.
Les conditions du soutien international
Cette nouvelle tranche est conditionnée à la poursuite des réformes fiscales et à un renforcement de la gestion des finances publiques. La Facilité RSF, de 541,3 millions de dollars au total, vise spécifiquement à accompagner le Kenya dans sa transition climatique — financement d'infrastructures résilientes, adaptation aux sécheresses et aux inondations qui affectent régulièrement le pays.
Pourquoi c'est important
Pour les investisseurs de l'Océan Indien intéressés par les marchés d'Afrique de l'Est, ce signal du FMI est rassurant : le Kenya reste un partenaire crédible malgré ses turbulences politiques. La Silicon Savannah, Nairobi et le corridor de Mombasa continuent d'attirer les capitaux régionaux, et ce financement réduit le risque souverain perçu par les marchés.