Selon le rapport des services du Fonds monétaire international (Article IV 2026), l'Union des Comores affiche une reprise économique solide : la croissance du PIB réel est estimée à 3,8 % en 2025 et devrait atteindre 4,1 % en 2026. L'inflation, qui avait culminé à 7,3 % au printemps 2025, est retombée à 1,9 % en glissement annuel à l'automne. Ces chiffres masquent néanmoins des fragilités structurelles que le FMI juge préoccupantes.
Un système bancaire fragile : prêts non performants à 13,8 %
Le principal signal d'alarme du rapport concerne le secteur financier : le taux de prêts non performants s'établit à 13,8 % du total des encours — un niveau élevé qui compromet la capacité des banques à financer l'économie réelle. Le FMI recommande d'accélérer la résolution des créances douteuses et de renforcer la supervision du secteur, notamment pour les institutions de microfinance jouant un rôle clé dans l'inclusion financière de l'archipel.
Dette maîtrisée, déficit à surveiller
La dette publique comorienne représente 32,9 % du PIB — un ratio relativement bas par rapport aux normes régionales. En revanche, le déficit budgétaire primaire intérieur atteignait -2,3 % du PIB en 2025, alourdi par des indemnités de licenciement exceptionnelles versées aux salariés de l'aéroport (0,6 % du PIB). Le FMI recommande une mobilisation supplémentaire des recettes fiscales équivalant à 0,7 % du PIB dès 2026.
La gouvernance au cœur de la Facilité Élargie de Crédit
Les Comores bénéficient d'un programme de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) du FMI, dont le déblocage des tranches est conditionné à des réformes de gouvernance, de gestion des finances publiques et de lutte contre la corruption. Les exportations restent concentrées sur les clous de girofle, l'ylang-ylang et la vanille, avec une forte dépendance aux importations alimentaires (riz notamment), exposant l'archipel aux chocs extérieurs sur les prix des matières premières.
Pourquoi c'est important
L'archipel comorien dispose d'une zone économique exclusive de 160 000 km² et d'un potentiel en économie bleue largement sous-exploité. Sa diaspora active représente l'une des principales sources de devises. Consolider la stabilité macroéconomique et assainir le secteur bancaire sont des prérequis indispensables pour attirer les investissements dont les Comores ont besoin afin de diversifier une économie encore trop exposée aux aléas climatiques et commerciaux.