[COMORES] Énergie : le Karthala peut mettre fin aux délestages — le projet géothermique est officiellement lancé

Lancé le 2 juillet 2026, le Projet d'Exploration Géothermique du Karthala (PEGK) engage 33,5 millions d'unités de compte pour exploiter un potentiel de 45 MW. Un tournant pour un archipel où 50 % de la population n'a pas accès à l'électricité.

Comores — Business.OI
Photo : Andreas Ebner / Pexels

Lancé le 2 juillet 2026 à Moroni, le Projet d'Exploration Géothermique du Karthala (PEGK) mobilise plus de 33,5 millions d'unités de compte de la Banque africaine de développement, du PNUD/FEM, de l'Union africaine et du gouvernement comorien. Objectif : confirmer et exploiter le potentiel du volcan Karthala — estimé à 45 MW — pour mettre fin à une dépendance énergétique qui coûte 0,78 dollar par kilowattheure aux Comores.

Un volcan comme levier de souveraineté

Les Comores paient aujourd'hui l'électricité parmi les plus chères de la région. Avec un coût de production de 0,78 $/kWh — cinq à six fois la moyenne française — et un taux d'accès à l'électricité qui plafonne à 50 % de la population, la dépendance aux carburants importés pèse lourd sur les ménages, les entreprises et les finances publiques. Les délestages, endémiques depuis des années, freinent l'investissement privé et la transformation économique de l'archipel.

Le Karthala, volcan actif culminant à 2 361 mètres sur Grande Comore, recèle un potentiel géothermique estimé à 45 MW. Si la phase d'exploration confirme les ressources, une centrale de 15 MW pourrait être construite dans un premier temps, avant une montée en puissance jusqu'à la pleine capacité. C'est l'ambition du PEGK, fruit d'une coalition inédite entre la BAD, le PNUD, l'Union africaine et le gouvernement de l'Union des Comores.

33,5 millions d'unités de compte pour réduire la facture énergétique

Le projet est financé à hauteur de plus de 33,5 millions d'unités de compte, apportés principalement par la Banque africaine de développement et le Fonds pour l'Environnement Mondial via le PNUD. Les fonds couvriront les phases de forage exploratoire, de caractérisation de la ressource et de renforcement des capacités nationales via le Bureau Géologique des Comores (BGC).

« La géothermie, c'est non seulement de l'énergie ; c'est un investissement dans la souveraineté énergétique et le développement durable des Comores », a déclaré le représentant du PNUD lors du lancement officiel à Moroni. Une formule qui résume l'enjeu : pour l'archipel, l'exploitation du Karthala n'est pas un projet technique — c'est une décision de politique économique.

Un signal pour les investisseurs de la région

Si le PEGK aboutit, les Comores rejoindront le club encore restreint des États insulaires africains capables de produire une électricité locale compétitive. L'archipel bénéficierait d'un avantage comparatif réel pour attirer des industries à forte consommation énergétique, et réduire la vulnérabilité aux chocs pétroliers. La récente pénurie de carburant de fin juin 2026 — qui avait paralysé l'économie pendant plusieurs jours — a rappelé à quel point cette dépendance est structurellement dangereuse.

Pour les autres États insulaires de l'Océan Indien confrontés à des problématiques similaires, le modèle comorien vaut d'être suivi : financement multilatéral, ressource endogène, partenariat continental.

Pourquoi c'est important

Le Karthala n'est pas seulement un volcan : il est la clé de voûte de l'indépendance énergétique comorienne. Si la phase d'exploration est concluante, les Comores pourraient diviser par trois leur coût de production d'électricité, libérant un espace budgétaire considérable et rendant le territoire attractif pour des investissements industriels jusqu'ici impossibles. Dans une région — l'Océan Indien — où la compétitivité se joue aussi sur le coût de l'énergie, ce projet est à surveiller de près.

Source : PNUD Comoros (lancement PEGK, 2 juillet 2026), HabarizaComores.com, La 1ère Réunion.

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