C'est un tournant stratégique pour l'archipel. Le projet de Corridor maritime des Comores, soutenu par le Groupe de la Banque africaine de développement à hauteur de 137 millions de dollars, est officiellement entré dans sa phase de mise en œuvre. L'objectif est ambitieux : transformer les Comores en un hub logistique au carrefour de l'Afrique et de l'Asie.
Un financement massif et multi-sources
La Banque africaine de développement (BAD) apporte 135 millions de dollars via son Fonds africain de développement, complétés par 2 millions du Fonds de transition. Autour de ce noyau, un co-financement de plus de 110 millions de dollars additionnels a été mobilisé auprès de la Banque mondiale, de la Banque islamique de développement, de l'Agence française de développement, de l'Union européenne et de la Banque européenne d'investissement. Au total, c'est un effort d'investissement sans précédent pour les infrastructures comoriennes.
Modernisation des ports, création d'une zone économique spéciale
Le projet prévoit la modernisation des infrastructures portuaires essentielles, notamment à Moroni, Mutsamudu et Fomboni. Une zone économique spéciale doit également voir le jour, destinée à attirer les investisseurs régionaux et internationaux. Le projet s'inscrit dans le plan national « Comores Émergent 2030 » porté par le Président Azali Assoumani, qui a procédé au lancement officiel à Moroni.
Des milliers d'emplois attendus
Les bénéfices attendus vont au-delà des seules infrastructures. La BAD table sur la création de milliers d'emplois, ciblant prioritairement les jeunes et les femmes. Les chaînes de valeur agricoles et halieutiques — socle de l'économie comorienne — devraient bénéficier d'une meilleure connectivité régionale pour accéder aux marchés d'Afrique de l'Est et du Golfe.
Pourquoi c'est important
Les Comores souffrent depuis des décennies d'une insularité coûteuse : transport cher, importations dominantes, exportations limitées. Ce corridor maritime change la donne géostratégique de l'archipel. En se positionnant comme point de transit entre l'Afrique subsaharienne et l'Asie du Sud-Est, les Comores pourraient capter une fraction des flux commerciaux de l'Océan Indien — une manne considérable pour une économie dont le PIB par habitant reste inférieur à 1 500 dollars. La réussite du projet conditionne en grande partie les ambitions du plan « Comores Émergent 2030 ».
Source : Banque africaine de développement