Le gouvernement comorien a annoncé une exonération totale des taxes sur les intrants agricoles — semences, engrais et produits phytosanitaires. Une mesure présentée comme levier prioritaire pour renforcer l'autosuffisance alimentaire d'un archipel qui importe encore une part significative de sa nourriture.
Un archipel sous pression alimentaire
Les Comores importent une fraction importante de leurs denrées de base. La facture des importations alimentaires pèse sur la balance des paiements et fragilise le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes. La hausse des cours mondiaux des matières premières — accentuée par les tensions géopolitiques depuis 2022 — a renchéri le coût des intrants agricoles, dissuadant de nombreux petits producteurs d'investir dans leurs exploitations.
L'exonération fiscale totale annoncée vise à lever cet obstacle. En éliminant les taxes sur les semences améliorées, les engrais et les produits phytosanitaires, l'État entend rendre l'agriculture compétitive face aux importations et donner aux agriculteurs les outils pour augmenter leur rendement.
Un cadre législatif en construction
La mesure fiscale s'inscrit dans un effort plus large de structuration du secteur. Le gouvernement, avec l'appui du projet d'urgence AEFPF-Comores financé par des bailleurs internationaux, développe en parallèle une loi spécifique sur les intrants agricoles. Ce texte prévoit notamment la création d'une Autorité Nationale des Intrants Agricoles (ANIA), chargée de contrôler la qualité des produits commercialisés, d'homologuer les fournisseurs et de prévenir les fraudes.
Un fonds de solidarité agricole — pour indemniser les producteurs en cas de catastrophe naturelle — est également en préparation, selon les documents du projet consultés. Un enjeu critique pour un archipel volcanique régulièrement touché par cyclones et sécheresses.
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs et les investisseurs agricoles dans l'Océan Indien, les Comores restent un marché de niche, mais l'envoi d'un signal clair en faveur de la production locale peut changer la donne. Une agriculture plus compétitive réduit les importations, stabilise les prix à la consommation et crée des emplois ruraux dans un pays où plus de 40 % de la population vit encore de l'agriculture.
L'ANIA, si elle est dotée de ressources suffisantes, pourrait également ouvrir la voie à des filières d'exportation (ylang-ylang, vanille, girofle) mieux structurées et plus rentables pour les agriculteurs comoriens.
Sources : Revue de presse régionale – Océan Indien, 24 juillet 2026 (Free Dom) / Projet AEFPF-Comores / La Gazette des Comores.