[AFRIQUE] Spiro lève 215 millions de dollars pour électrifier la mobilité africaine à grande échelle

Spiro lève 215M$ en equity en juin 2026 (+ 150M$ de dette depuis oct. 2025) pour déployer motos électriques et stations de recharge dans 7 pays africains. 70 000 unités vendues en 2025.

Afrique — Business.OI
Photo : F x / Pexels

L'entreprise africaine de mobilité électrique Spiro a bouclé une levée de fonds de 215 millions de dollars en equity, annoncée début juin 2026, avec des investisseurs dont Impact Fund Denmark et Equitane. Cette opération s'ajoute à une facility de dette de 50 millions de dollars obtenue en février 2026 et à 100 millions de dollars sécurisés en octobre 2025 auprès d'Afreximbank. Au total, l'entreprise a mobilisé plus de 365 millions de dollars en l'espace d'un an.

100 000 véhicules et 2 500 stations de batteries

Spiro opère dans sept pays africains, avec une présence particulièrement forte au Kenya et en Ouganda. Son modèle repose sur les motos électriques couplées à une infrastructure d'échange de batteries — les conducteurs remplacent une batterie déchargée contre une chargée en quelques secondes, sans temps d'attente de recharge.

L'entreprise revendique le déploiement de 100 000 véhicules électriques et 2 500 stations intelligentes d'échange de batteries, permettant à ses utilisateurs d'avoir parcouru collectivement « plus d'un milliard de kilomètres sans émission ». 6 000 emplois directs et indirects ont été créés.

Un marché en explosion

Le contexte est favorable. Les deux-roues électriques constituent le segment à la croissance la plus rapide du marché EV africain : d'à peine 1 000 unités vendues en 2020, le marché a atteint environ 70 000 unités en 2025. L'Ouganda a enregistré plus de 30 000 ventes de deux-roues électriques en 2025, et le Kenya a dépassé 25 000 unités — soit trois fois plus que l'année précédente — représentant 15 % de toutes les nouvelles immatriculations de motos dans le pays.

Pourquoi c'est important

Pour l'Afrique de l'Est et l'Océan Indien, Spiro représente plus qu'une success story technologique : c'est la démonstration qu'un modèle économique pensé pour les réalités africaines — faible revenu disponible, infrastructure électrique incertaine, besoins de mobilité intensive — peut attirer des capitaux à grande échelle. À l'heure où Maurice cherche à devenir hub fintech et où Madagascar ambitionne de valoriser ses minerais, la montée en puissance des entreprises de mobilité verte illustre l'émergence d'un capitalisme africain de la transition énergétique.

Ne manquez rien de l'actualité business de l'Océan Indien

Rejoignez les décideurs qui lisent Business.OI chaque matin.

L'essentiel de l'éco de l'Océan Indien, chaque matin. S'abonner
Observatoire