Les bourses africaines ont livré une semaine constructive. La BRVM, la Bourse régionale des valeurs mobilières d'Afrique de l'Ouest, a terminé la semaine du 28 juillet au 1er août 2026 en hausse de 0,32 %, après plusieurs semaines de prises de bénéfices. Une performance en demi-teinte sur le marché régional, mais qui masque des flambées spectaculaires sur certaines valeurs. Et au Nigeria, le tableau de bord est sans appel : la Bourse de Lagos (NGX) a terminé le premier semestre 2026 avec +46 % de progression — le deuxième meilleur résultat mondial, derrière la Corée du Sud.
Sur la BRVM : ORGT flambe, Ecobank recule
La semaine a été marquée par la performance d'Oragroup Togo (ORGT), qui a bondi de +16,3 %, suivie par Sicor Côte d'Ivoire (+14,29 %) et Safca Côte d'Ivoire (+10,63 %). En face, les reculs les plus marqués concernent Ecobank Transnational Inc (ETIT, -9,59 %), Sicable Côte d'Ivoire (-7,89 %) et Setao Côte d'Ivoire (-7,75 %). Cette consolidation reflète des prises de bénéfices après plusieurs semaines de hausse, sans remettre en cause la tendance haussière du marché régional.
Nigeria : +46 %, la 2ème meilleure bourse mondiale
L'événement majeur du semestre en Afrique est la performance du Nigerian Exchange Group (NGX). L'indice phare a progressé de 46 % au cours des six premiers mois de 2026, portant la capitalisation boursière à plus de 147 000 milliards de nairas à fin juin. Les secteurs de l'énergie ont mené le rallye : Seplat Energy et Aradel Holdings ont propulsé l'indice pétrolier et gazier à plus de +90 %. Côté banques, Ecobank Transnational affiche +127 %, Jaiz Bank +82 % et Zenith Bank +78 %. Berger Paints, dans les biens industriels, s'est quant à elle envolée de +207 %.
Seul bémol : cette performance historique a été largement manquée par les investisseurs étrangers, dont les fonds de la diaspora africaine, en raison de barrières d'accès et de liquidité. Une réalité qui alimente les débats sur la modernisation des marchés financiers du continent.
Tokenisation : Nairobi ouvre un nouveau front
À Nairobi, un autre développement retient l'attention : Tether, l'émetteur du stablecoin USDT, et la Bourse de Nairobi (NSE Kenya) explorent ensemble la tokenisation de titres financiers. L'objectif déclaré est de transformer l'accès aux marchés de capitaux et la liquidité en Afrique de l'Est. Un développement à surveiller de près, qui pourrait accélérer l'inclusion financière à l'échelle régionale.
Pourquoi c'est important
Pour les acteurs économiques de l'Océan Indien, ces dynamiques ne sont pas anecdotiques. L'Afrique subsaharienne s'impose comme pôle d'attraction pour les capitaux mondiaux, surpassant de nombreux marchés émergents classiques. Les places boursières de Lagos, Nairobi et Abidjan dessinent un nouveau cadre de référence pour les investisseurs régionaux. L'île Maurice, hub financier de l'OI, est particulièrement bien positionnée pour servir de passerelle vers ces marchés dynamiques.
Sources : Daba Finance / allAfrica, NGX Group, TechMoonshot, BRVM.