Ce 19 août 2026, une mission du Fonds monétaire international (FMI) atterrit à Dakar pour deux semaines de discussions intensives avec les autorités sénégalaises. L'enjeu : sortir d'une impasse qui dure depuis près de deux ans et relancer un programme de financement suspendu.
22 mois de vide, une dette révisée à la hausse
L'accord conclu en juin 2023 — d'un montant d'1,8 milliard de dollars sur trois ans — a été suspendu après que la Cour des comptes sénégalaise a révélé en 2024 des erreurs massives dans les statistiques budgétaires 2019–2023. Un audit externe du cabinet Forvis Mazars a confirmé ces écarts. La dette publique, initialement évaluée à 74,4 % du PIB fin 2023, a été révisée à 111 % puis 118,8 % du PIB fin 2024.
Un signal fort avant l'arrivée des experts
Le gouvernement sénégalais a envoyé un message clair quatre jours avant l'arrivée de la mission : le 15 août 2026, Dakar a annoncé une hausse des prix des carburants. Une mesure symbolique — et douloureuse pour les ménages — mais attendue par le FMI pour réduire des subventions énergétiques qui ont dépassé 1 069 milliards de francs CFA en 2025, contre 250 milliards budgétisés.
Une croissance portée par les hydrocarbures
Malgré le contexte difficile, l'économie sénégalaise a affiché une croissance de 6,7 % en 2025, soutenue par le démarrage des deux gisements pétroliers Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim. Le déficit budgétaire a été ramené de 13,4 % du PIB en 2024 à un niveau inférieur en 2025.
Pourquoi c'est important
La mission est dirigée par Mercedes Vera Martin, cheffe de mission pour le Sénégal. Son bilan engagera directement les conditions d'emprunt des pays de l'UEMOA — et plus largement, le signal envoyé aux marchés obligataires africains. Un accord réussi permettrait au Sénégal de retrouver l'accès au financement concessionnel à des taux bien inférieurs aux marchés régionaux, et de stabiliser les anticipations des investisseurs à l'heure où le pétrole commence à couler.
Sources : AllAfrica, Africtelegraph, NotrAfrik, août 2026.