[AFRIQUE DE L'EST] Tanzanie : le barrage Julius Nyerere allume 2 115 MW et transforme la carte énergétique régionale

Inaugurée le 22 août 2026 par la présidente Suluhu Hassan, la centrale Julius Nyerere (2 115 MW, 3,35 Md$) offre à la Tanzanie un surplus électrique inédit et positionne le pays comme futur exportateur vers le Kenya et la Zambie.

Afrique de l'Est — Business.OI
Photo : Piat Van Zyl / Pexels

Inaugurée le 22 août 2026 par la présidente Samia Suluhu Hassan, la centrale hydroélectrique Julius Nyerere (JNHPP) propulse la Tanzanie au rang de futur exportateur net d'électricité en Afrique de l'Est. Un investissement de 3,35 milliards de dollars — financé intégralement sur fonds propres — qui redessine l'échiquier énergétique de toute la région.

Un gigawatt de trop — et c'est une bonne nouvelle

Avec 2 115 MW de capacité installée, le JNHPP fait plus que doubler les ambitions initiales : la Tanzanie dispose désormais d'un excédent de 2 375 MW face à une demande de pointe de 2 271 MW. Pour un pays qui importait de l'électricité il y a encore trois ans, le renversement est spectaculaire. L'hydroélectricité représente désormais 60,3 % du mix de production national, contre moins de 40 % avant la mise en service.

Kenya, Zambie : les premiers bénéficiaires

Dar es Salaam n'a pas attendu pour commercialiser ses kilowatts. Un accord de vente d'électricité a été signé avec la Zambie, et un protocole d'échange basé sur les besoins mutuels est en place avec le Kenya. La ligne Tanzania-Zambia Interconnector (TAZA), achevée à 98 %, permettra physiquement de connecter les pools électriques d'Afrique orientale et australe — deux régions jusqu'ici déconnectées — couvrant potentiellement plus de 20 pays.

« Cette interconnexion pourrait transformer l'Afrique de l'Est en un hub énergétique continental », soulignait le ministre de l'Énergie Deogratius Ndejembi lors de l'inauguration.

Un financement 100 % souverain

Ce qui distingue ce projet au-delà de sa taille, c'est son mode de financement. Le gouvernement tanzanien a mobilisé 7,45 billions de shillings (3,35 milliards USD) sans recourir à l'emprunt externe — un signal fort envoyé aux investisseurs sur la solidité des finances publiques et la volonté d'autonomie stratégique. La construction, lancée en 2019, a duré six ans.

Pourquoi c'est important pour l'Océan Indien

Pour les économies insulaires de l'OI, cette évolution crée une opportunité indirecte : une Afrique de l'Est mieux alimentée en énergie, c'est des coûts de production industriels en baisse, une attractivité accrue pour les investissements et, à terme, un partenaire commercial plus robuste. Madagascar, les Comores et Maurice — dont les entreprises sont engagées dans des chaînes de valeur régionales — ont tout à gagner d'une stabilisation de la fourniture électrique sur le continent.

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