[AFRIQUE DE L'EST] BAD : 119 milliards de dollars par an pour financer le développement — la région la plus dynamique du continent face à son plus grand défi

La BAD alerte : l'Afrique de l'Est a besoin de 119 milliards de dollars par an pour financer son développement. Pourtant, la région a affiché la croissance la plus rapide du continent en 2025 à 6,6 %.

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Photo : Alex Levis / Pexels

Dans un rapport publié le 30 juillet 2026, la Banque africaine de développement tire la sonnette d'alarme : l'Afrique de l'Est a besoin de 119 milliards de dollars annuels pour financer son développement. Paradoxe : la région affiche une croissance de 6,6 % en 2025, la plus rapide du continent.

6,6 % de croissance en 2025, 5,9 % projetés en 2026

L'Afrique de l'Est reste le moteur du continent. Sa croissance est passée de 4,3 % en 2024 à 6,6 % en 2025, une accélération remarquable qui place la région loin devant d'autres blocs africains. Pour 2026, la Banque africaine de développement (BAD) projette une légère modération à 5,9 % — toujours bien au-dessus de la moyenne continentale.

Ce dynamisme concerne 13 pays : Burundi, Comores, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Rwanda, Seychelles, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tanzanie et Ouganda.

Un déficit de financement annuel de 119 milliards de dollars

Mais cette belle performance masque un problème structurel majeur. Selon la BAD, le déficit de financement annuel de l'Afrique de l'Est s'élève à 119 milliards de dollars. Pour le seul Kenya, l'écart de financement d'ici 2030 est estimé à 12,5 milliards de dollars par an.

En réponse, Nairobi a lancé en mars 2026 le National Infrastructure Fund, doté de 38 milliards de dollars — l'un des plus ambitieux véhicules d'investissement infrastructurel du continent africain.

Les recommandations de la BAD : aller au-delà des banques

La Banque africaine de développement préconise quatre leviers principaux : améliorer la mobilisation des ressources domestiques, aller « au-delà des modèles bancaires traditionnels » pour activer les fonds de pension et les investisseurs institutionnels, renforcer les partenariats public-privé, et améliorer la gouvernance financière.

Pour les petits États insulaires membres de la zone — Comores et Seychelles —, ces recommandations sont particulièrement pertinentes : leurs marchés de capitaux restent étroits et leur dépendance à l'aide extérieure, élevée, à un moment où les aides bilatérales mondiales ont chuté de 16 à 28 % en 2025.

Pourquoi c'est important

Une région peut croître vite sans pour autant se développer durablement. L'Afrique de l'Est en offre l'illustration : 6,6 % de croissance mais 119 milliards de dollars de besoins annuels non couverts. Dans ce contexte, le Kenya joue un rôle pivot avec son fonds d'infrastructure et son attractivité pour les investisseurs étrangers (3,2 milliards de dollars d'IED en 2026). Pour les États de l'Océan Indien inclus dans cette dynamique régionale — Comores, Seychelles —, la solution passe par des marchés de capitaux plus profonds et une coopération régionale plus active avec leurs voisins continentaux.

Source : Banque africaine de développement, rapport « Regional Economic Outlook 2026 », 30 juillet 2026 ; allAfrica.com.

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