C'est une date à marquer dans l'histoire économique du continent africain. Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals, la méga-raffinerie d'Aliko Dangote à Lagos, a officiellement lancé son introduction en bourse sur la Bourse du Nigeria (NGX), avec une offre publique au prix de 525 nairas par action et 4,1 milliards d'actions disponibles — soit un montant cible de 2 000 milliards de nairas, environ 1,6 milliard de dollars. La clôture de la souscription, initialement fixée au 13 octobre, a été prolongée au 27 octobre 2026. La cotation est attendue en novembre.
La plus grande raffinerie d'Afrique en bourse
Dangote Petroleum est déjà la plus grande raffinerie du continent, avec une capacité actuelle de 700 000 barils par jour — extensible à 1,4 million de barils d'ici 2028, selon une expansion déjà financée et conçue. La raffinerie est également le premier fournisseur de kérosène (carburéacteur) d'Europe depuis son continent d'origine, une position stratégique qui illustre l'ambition industrielle du projet.
Aliko Dangote lui-même a qualifié l'opération de « plus grande IPO de l'histoire de l'Afrique » et a déclaré vouloir que « chaque être humain vivant sur le continent » puisse y participer. Pour faciliter l'accès aux petits épargnants, la souscription minimale a été fixée à seulement 10 actions (5 250 nairas, soit moins de 4 dollars), avec une promesse de deux actions gratuites supplémentaires pour les détenteurs de long terme.
Une offre étendue au-delà des frontières nigérianes
À l'initiative de la NGX, l'offre a été élargie à trois pays africains supplémentaires : l'Égypte, l'Éthiopie et le Botswana. Le Kenya travaille par ailleurs sur des mécanismes de certificats de dépôt pour permettre une participation transfrontalière plus large. L'objectif déclaré est d'atteindre 10 millions d'actionnaires, majoritairement africains — un signal fort de la volonté de construire une base d'investissement panafricaine autour des actifs industriels du continent.
La raffinerie prévoit également des expansions logistiques en Éthiopie, au Kenya, en Tanzanie et en Namibie, sous forme de dépôts et d'infrastructures de transport. Ces projets de downstream prolongent l'ambition de Dangote bien au-delà du seul raffinage.
Pourquoi c'est important
Cette IPO dépasse le cadre d'une simple opération financière. Elle constitue un symbole puissant de la capacité du continent à financer en interne ses grandes infrastructures industrielles. Pour l'Océan Indien, la dynamique est directement lisible : une Afrique qui se finance elle-même en bourse, qui bâtit des chaînes de valeur locales et qui s'affranchit progressivement des importations de produits raffinés, c'est un continent dont le poids économique grandit — et avec lui, les opportunités commerciales pour les entreprises de la zone. Les décideurs réunionnais, mauriciens et malgaches ont tout intérêt à suivre cette cotation de très près.