Quatre cents décideurs venus de vingt pays africains ont adopté, les 6 et 7 juillet 2026 à Cotonou (Bénin), le premier Pacte panafricain pour l'inclusion assurantielle. L'objectif : doubler le taux de pénétration de l'assurance sur le continent d'ici 2040, alors que l'Afrique ne représente aujourd'hui qu'1 % des primes mondiales pour 17 % de la population mondiale.
Un marché quasi inexistant face à un besoin colossal
Le constat dressé lors de ces premiers États Généraux de l'assurance pour tous est cinglant : le taux de pénétration de l'assurance en Afrique subsaharienne reste inférieur à 1 % du PIB, contre une moyenne mondiale de 6 %. Sur les 14 pays couverts par la zone CIMA (Conférence Interafricaine des Marchés d'Assurances), moins d'un ménage sur vingt dispose d'une couverture formelle. Face à des chocs climatiques croissants, des pandémies et une urbanisation accélérée, ce déficit de protection représente un risque systémique pour les économies du continent.
La FANAF à 50 ans, plus ambitieuse que jamais
La Fédération des Sociétés d'Assurances de Droit National Africaines (FANAF), qui célèbre son 50e anniversaire en 2026, a organisé cet événement au Sofitel Cotonou Marina, en partenariat avec l'Association des Sociétés d'Assurance du Bénin (ASA Bénin). Plus de 400 acteurs — assureurs, réassureurs, régulateurs, ministres et organisations de financement — ont planché pendant deux jours sur les freins structurels et les leviers d'accélération du marché assurantiel africain.
Un plan d'action 2026-2030 aux ambitions multiples
Le Pacte panafricain adopté à Cotonou se décline en un plan d'action 2026-2030 articulé autour de priorités sectorielles (agriculture, santé, microassurance), de mécanismes de coordination inter-États et de modalités de suivi des engagements. Les signataires ont tenu à rappeler qu'au-delà de la seule protection des risques, l'assurance peut jouer un rôle central dans la mobilisation de l'épargne longue, le financement des PME et l'accompagnement de la transition climatique.
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs et investisseurs de l'Océan Indien, ce Pacte ouvre un marché d'envergure continentale. Des économies comme Maurice — dont le secteur financier représente plus de 12 % du PIB — ou Madagascar, dont la population rurale reste très faiblement assurée, pourraient bénéficier d'une montée en puissance des acteurs panafricains. Le signal est aussi politique : l'Afrique entend structurer et réguler ce secteur de manière autonome, en s'appuyant sur ses propres standards plutôt qu'en important les modèles européens ou asiatiques.
Source : Financial Afrik / Notre Afrik / FANAF, juillet 2026