Le 24 juillet 2026, à Cairo, l'African Export-Import Bank (Afreximbank) et la Industrial Development Corporation (IDC) d'Afrique du Sud ont signé un mémorandum d'entente de trois ans pour déployer 8 milliards de dollars en faveur du développement industriel et du commerce intra-africain. Cet accord marque une étape décisive dans l'intégration économique du continent, portée par la récente adhésion de Pretoria au giron d'Afreximbank.
Un accord à 8 milliards qui couvre 13 secteurs clés
Le partenariat entre Afreximbank et l'IDC vise à co-originer et co-financer des projets industriels et commerciaux dans plus de 13 secteurs prioritaires : manufacture, agriculture et agro-industrie, mines, énergie renouvelable et infrastructures. L'accord s'inscrit dans le cadre d'un programme-pays plus large de 14 milliards de dollars signé en juin 2026 entre Afreximbank et l'Afrique du Sud.
Selon George Elombi, président d'Afreximbank : « Ce partenariat stratégique avec l'IDC renforce notre engagement à faire avancer l'industrialisation de l'Afrique et son agenda commercial. » La durée initiale de trois ans est renouvelable, et le dispositif inclut des mécanismes de co-financement, d'assistance technique et de partage de connaissances.
L'Afrique du Sud, nouvelle locomotive du commerce continental
Devenue le 54e membre d'Afreximbank en février 2026, l'Afrique du Sud pèse 19,1 % du commerce intra-africain total selon les données 2024. Son intégration dans l'écosystème de la banque panafricaine ouvre la voie à un financement structuré à l'échelle continentale. Du côté de l'IDC, sa directrice générale Mmakgoshi Lekhethe a souligné la complémentarité des deux institutions : « la connaissance du marché local de l'IDC et la portée continentale et les capacités de financement du commerce d'Afreximbank. »
Des outils numériques au service de l'intégration régionale
L'accord mobilisera plusieurs plateformes numériques d'Afreximbank : le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), le référentiel MANSA de diligence raisonnable, et l'Africa Trade Gateway pour fluidifier les transactions transfrontalières. Ces outils visent à réduire les frictions dans les échanges entre États membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Pourquoi c'est important
Avec 19 % du commerce intra-africain, l'Afrique du Sud est le partenaire commercial indispensable pour activer pleinement la ZLECAf. Cet accord de 8 milliards, couplé aux 14 milliards du programme-pays, envoie un signal fort : la finance africaine se restructure pour financer sa propre industrialisation, sans dépendre uniquement des capitaux extérieurs. Pour l'Océan Indien, cela signifie de nouvelles routes commerciales et des opportunités de co-investissement à saisir — notamment pour Madagascar et Maurice, déjà membres d'institutions partenaires.