Les startups africaines ont levé 224 millions de dollars en juillet 2026, portant le cumul annuel à 1,66 milliard de dollars. Avec Gotion Power Morocco en tête (114 millions), le secteur des véhicules électriques et de l'énergie propre s'impose comme le nouveau moteur du financement continental.
Un mois dominé par les VE et l'énergie propre
Sur les 37 transactions recensées en juillet par TC Insights, l'énergie propre et les véhicules électriques ont capté la plus grande part du capital. Gotion Power Morocco a sécurisé à elle seule 114 millions de dollars pour la construction d'une gigafactory de batteries au Maroc — le plus grand deal du mois. Derrière, M-Kopa (Kenya) a levé 30 millions pour son modèle d'asset finance sur e-bikes et smartphones, et BioLite (Kenya) a récolté 10,7 millions pour ses fourneaux propres.
La dette comme moteur dominant
La structure des financements de juillet révèle une tendance lourde : 75,2% des fonds levés (168,55 millions de dollars) provenaient de dette, contre seulement 24,8% d'equity. Ce recours massif à l'emprunt traduit la maturité croissante de l'écosystème — les entreprises installées préfèrent conserver leur capital et se financer par la dette pour accélérer leur croissance.
Le Kenya, centre de gravité du financement
Avec M-Kopa (30 millions), BioLite (10,7 millions), CrossBoundary Energy (10 millions), Peach Cars (4 millions) et Fuzu (3,86 millions), le Kenya concentre à lui seul cinq des huit transactions majeures du mois. Le Maroc, l'Afrique du Sud et le Nigeria complètent le tableau des marchés actifs.
Un cap de 1,66 milliard en sept mois
Avec 1,66 milliard levés entre janvier et juillet 2026 — supérieur au total du S1 2026 (1,44 milliard) — l'Afrique est en bonne voie pour dépasser les records annuels, si la dynamique se maintient. Le S1 2026 avait lui-même été porté par le géant des VE Spiro, qui avait levé 320 millions en plusieurs tranches, dont 215 millions d'equity en juin.
Pourquoi c'est important
La montée en puissance des véhicules électriques dans le financement africain n'est pas anecdotique : elle traduit un repositionnement stratégique des investisseurs vers des secteurs à fort impact social (mobilité, énergie propre) et à potentiel de rendement long terme. Pour les pays de l'Océan Indien et les marchés émergents régionaux, la question est : quand ce capital se tournera-t-il vers Maurice, Madagascar ou les Comores ?