[TANZANIE] e-Delivery : tous les projets publics sous surveillance numérique depuis le 1er juillet

La Tanzanie a rendu obligatoire la plateforme e-Delivery dès le 1er juillet 2026 : tous les projets publics sont désormais suivis en temps réel, et les fonds ne sont débloqués qu'en fonction de l'avancement réel.

Tanzanie — Business.OI
Photo : Cytonn Photography / Pexels

Depuis le 1er juillet 2026, tous les projets de développement financés par l'État tanzanien doivent être enregistrés et suivis sur une plateforme numérique obligatoire baptisée e-Delivery. Une réforme discrète mais structurante, qui relie directement l'avancement des travaux aux décaissements de fonds — et qui pourrait devenir un modèle pour d'autres économies africaines.

Un outil de contrôle en temps réel

La plateforme e-Delivery, pilotée par la National Planning Commission (NPC) tanzanienne, impose à l'ensemble des ministères, agences gouvernementales, autorités régionales et collectivités locales de renseigner en temps réel l'état d'avancement de leurs projets. Chaque étape — de la planification à l'évaluation finale — doit y être documentée.

La directrice de la mise en œuvre à la NPC, Salome Kingdom, a précisé la portée du mécanisme : « Lorsque le gouvernement souhaite débloquer des fonds, nous procéderons à des vérifications basées sur l'état d'avancement et les informations du projet. » En clair : pas de progrès enregistré sur e-Delivery, pas de décaissement.

Une réforme au cœur de la Vision 2050

Cette initiative s'inscrit dans la stratégie de transformation numérique tanzanienne, qui comprend déjà le Tanzania Digital Portal et un guichet unique maritime opérationnel au port de Dar es Salaam. Elle répond également aux recommandations de la Banque mondiale, qui a publié en mai 2026 un rapport soulignant les progrès du pays en matière de dématérialisation des marchés publics.

Des sessions de formation ont été organisées pour les responsables de la planification, du suivi-évaluation et des systèmes d'information au sein des administrations concernées, afin d'assurer une montée en puissance rapide du dispositif.

Un signal fort pour les investisseurs

Au-delà de l'aspect technique, e-Delivery envoie un message aux bailleurs de fonds et aux investisseurs privés : la Tanzanie s'engage à rendre ses investissements publics traçables et vérifiables. Dans un contexte de baisse de l'aide internationale — le budget tanzanien a augmenté de 10 % pour l'exercice 2026 pour compenser le recul des contributions extérieures — la transparence dans l'usage des fonds publics devient un argument de crédibilité indispensable.

Pourquoi c'est important

La digitalisation du suivi des projets publics est l'une des réformes les moins visibles mais les plus structurantes pour la croissance africaine. En Tanzanie, où le secteur public finance une part significative des infrastructures, relier les décaissements à la performance réelle des chantiers pourrait considérablement réduire les retards et les pertes liées à la mauvaise gestion. Si e-Delivery tient ses promesses, il pourrait devenir un référentiel pour d'autres membres de l'EAC — dont le Kenya et le Rwanda — qui cherchent à moderniser leur gestion de l'investissement public.

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