Avec un PIB en hausse de 6,0 % en 2025 et des investissements directs étrangers bondissant de +28,3 % en un an, la Tanzanie s'impose comme la surprise économique du continent. Dar es-Salaam grignote des parts de marché sur Nairobi — et le FMI le confirme.
Une trajectoire qui force le respect
La Tanzanie affiche une croissance de 6,0 % en 2025, contre 5,5 % en 2024, selon les données de la Banque africaine de développement (BAD). Les projections pour 2026 tablent sur 5,4 %, avant un rebond attendu à 6,1 % en 2027. Sur la dernière décennie, la croissance moyenne du PIB tanzanien s'établit à 5,5 %, l'une des performances les plus régulières du continent africain.
Plus révélateur encore : le FMI estime désormais que la Tanzanie pourrait dépasser le Kenya en termes de taille économique en moins d'une décennie. Un basculement géopolitique et commercial majeur pour l'Afrique de l'Est.
Les IDE s'envolent : 1,72 milliard de dollars en 2024
Les flux d'investissements directs étrangers (IDE) confirment cette attractivité. En 2024, ils ont atteint 1,72 milliard de dollars, en hausse de +28,3 % par rapport aux 1,34 milliard enregistrés en 2023. Le stock total d'IDE approche désormais les 20 milliards de dollars, plaçant la Tanzanie parmi les 15 premières destinations africaines pour les capitaux étrangers.
Le système financier s'assainit en parallèle : l'inflation se maintient à 3,3 % en 2025, les réserves internationales couvrent 4,9 mois d'importations, et le taux de crédit non performant est tombé à 3,1 % (contre 4,4 % en 2024).
Le port de Dar es-Salaam passe devant Mombasa
L'un des signaux les plus concrets de ce basculement est logistique. Le port de Dar es-Salaam dépasse désormais celui de Mombasa (Kenya) en volume d'échanges régionaux. Ce renversement, couplé au lancement de la Nouvelle Voie ferrée à écartement standard et au projet de port de Bagamoyo, positionne la Tanzanie comme la future porte d'entrée de l'Afrique de l'Est.
Le pays s'appuie également sur des ressources minérales stratégiques : quatrième producteur d'or africain, avec des réserves identifiées en nickel, graphite, niobium et terres rares — des matières critiques très demandées dans la chaîne de valeur des batteries et de l'électronique mondiale.
Le numérique, un avantage structurel méconnu
Sur le front technologique, la Tanzanie est classée 2e en Afrique selon l'Indice de maturité GovTech de la Banque mondiale. Ses services de paiement mobile interopérables (TIPS, TanQR) ont été déployés une décennie avant la majorité de ses voisins. Un écosystème fintech qui attire désormais l'attention des investisseurs internationaux.
Pourquoi c'est important
La Tanzanie n'est plus « le voisin silencieux de la région » — elle devient un acteur de premier plan. Pour les entreprises de l'Océan Indien qui cherchent à s'implanter en Afrique de l'Est, Dar es-Salaam mérite d'être au centre de la carte, et non à sa périphérie. Les corridors commerciaux entre Maurice, La Réunion et la Tanzanie restent encore sous-exploités. C'est précisément là que se trouvent les opportunités.
Sources : Banque africaine de développement (BAD), FMI, TanzaniaInvest, Banque mondiale GovTech Index 2026.