[SEYCHELLES] Tourisme en recul de 14 % : la Banque centrale maintient son taux à 1,75 % face aux incertitudes

Arrivées touristiques en baisse de 14 % à mi-2026, recettes de 455 M$ sur cinq mois (-2,1 %). La Banque centrale maintient son taux à 1,75 % et invoque un niveau d'incertitude élevé. Le FMI table sur 1,5 % de croissance pour l'année.

Seychelles — Business.OI
Photo : Matteo Parisi / Pexels

Les Seychelles font face à une contraction inédite de leur flux touristique en 2026 : les arrivées ont chuté de 14 % en glissement annuel à la mi-juin, tandis que la Banque centrale maintient son taux directeur à 1,75 %, cherchant un équilibre délicat entre soutien à l'activité et maîtrise de l'inflation.

Un premier semestre difficile pour le tourisme

Les chiffres du Bureau national des statistiques des Seychelles sont sans appel. Sur la période janvier–mai 2026, les arrivées de visiteurs ont atteint 154 232 personnes — soit une baisse de 11,7 % par rapport à la même période en 2025 (165 155 arrivées). En mai seul, 27 201 touristes ont foulé les plages seychelloises, contre 28 161 un an plus tôt (-3,4 %). Le tourisme de croisière a subi un recul encore plus brutal : les passagers de croisière à la journée ont chuté de 43,8 % en mai (1 767 contre 3 146 en mai 2025).

Les recettes touristiques sur janvier–mai 2026 s'établissent à 455 millions de dollars, en baisse de 2,1 % par rapport à la même période de 2025. L'Europe reste le premier marché (106 142 visiteurs, 72,8 % du total), devant l'Asie (15 %) et l'Afrique (7,2 %).

L'effet de ciseau des hubs du Golfe

La principale explication de ce recul réside dans les perturbations géopolitiques au Moyen-Orient. Environ 60 % des touristes internationaux transitent par les hubs aériens de Doha, Dubaï et Abou Dhabi pour rejoindre Mahé. Les tensions régionales ont renchéri et perturbé ces liaisons, réduisant mécaniquement les flux d'arrivées. À cela s'ajoute la hausse des coûts de fret maritime et d'énergie — les Seychelles importent 95 % de leur énergie — qui pèse sur les prix et le pouvoir d'achat des visiteurs.

La Banque centrale en gardienne de la stabilité

Face à ce contexte, le Monetary Policy Committee de la Banque centrale des Seychelles a décidé, fin juin 2026, de maintenir le taux directeur à 1,75 % pour le troisième trimestre. Le taux de la facilité de dépôt reste à 0,25 % et celui de la facilité de crédit à 3,25 %. La réserve obligatoire est maintenue à 10 % des dépôts en roupie. Les autorités ont justifié cette décision par «un niveau d'incertitude élevé» lié aux évolutions internationales, la rupie seychelloise continuant de se déprécier malgré une offre de devises étrangères jugée suffisante.

Pourquoi c'est important

Avec une prévision de croissance du FMI révisée à 1,5 % pour 2026 (contre 5,1 % estimé en 2025), les Seychelles — première économie insulaire d'Afrique en termes de PIB par habitant — traversent une zone de turbulences inédite depuis la pandémie. La dépendance au tourisme et aux routes aériennes du Golfe constitue une vulnérabilité structurelle que les autorités ne peuvent résoudre à court terme. Pour les investisseurs et les opérateurs de l'Océan Indien, ce choc rappelle l'urgence de diversifier les sources de revenus et les marchés émetteurs.

Sources : National Bureau of Statistics Seychelles, Africa24 TV, Radical Leap Group, FMI

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