Après un record d'arrivées en 2025 (398 841 visiteurs, +13 %), les Seychelles subissent de plein fouet le choc touristique de 2026. La guerre entre les États-Unis et l'Iran perturbe les flux aériens et la clientèle internationale. Le FMI révise la croissance à 1,5 % seulement pour l'année, tandis que la dette publique progresse vers 57 % du PIB.
2025 : une année record qui masquait les risques
En 2025, les Seychelles avaient connu une croissance réelle de 5,8 % selon la Banque mondiale (5,1 % selon le FMI) et accueilli un nombre record de visiteurs — 398 841 arrivées, soit 13 % de plus qu'en 2024 et un niveau dépassant l'avant-Covid. Les recettes touristiques avaient progressé de 29 % selon le FMI, atteignant 1,2 milliard de dollars selon le ministère des Finances. Cette performance masquait pourtant une vulnérabilité structurelle : une économie quasi entièrement dépendante du tourisme et de produits importés.
2026 : le retournement brutal
L'agence Fitch attribue le choc de 2026 à la guerre entre les États-Unis et l'Iran, qui perturbe les routes aériennes, décourage les voyages longue distance et érode la confiance des touristes en provenance d'Europe et d'Asie. De janvier à mai 2026, les arrivées ont chuté de 11,7 % par rapport à la même période de 2025. À fin juillet, la baisse cumulée s'établissait encore à environ 11 %, même si le mois de juillet avait légèrement repassé en territoire positif (+2 % sur juillet 2025).
Fitch prévoit pour l'ensemble de 2026 une baisse de 10 % des arrivées et de 8 % des recettes touristiques. Le FMI table désormais sur une croissance du PIB d'environ 1,5 % — contre 5,8 % l'an passé — et revoit l'excédent primaire budgétaire de 1,5 % à 0,9 % du PIB.
Une dette publique sous surveillance
La dette publique et garantie des Seychelles avait atteint environ 53,6 % du PIB à fin 2025 selon le FMI. Les nouvelles garanties accordées en 2026 devraient la porter à 57,2 % du PIB d'ici la fin de l'année. Les réserves de change s'élevaient à 878 millions de dollars à fin décembre 2025, soit environ quatre mois d'importations — un matelas jugé suffisant mais pas confortable.
Le nouveau gouvernement face au défi
Patrick Herminie, arrivé au pouvoir en octobre 2025 avec 52,7 % des voix, hérite d'un contexte difficile. Son parti, United Seychelles, dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, mais les marges de manœuvre budgétaires sont limitées. Les enjeux structurels de long terme — changement climatique menaçant les récifs et les infrastructures côtières, forte dépendance aux importations — compliquent davantage la trajectoire de l'économie la plus riche d'Afrique par habitant.
Pourquoi c'est important
Le cas seychellois illustre la fragilité des économies insulaires monoproductrices face aux chocs géopolitiques externes. Pour les investisseurs régionaux, ce ralentissement souligne l'urgence d'une diversification économique au-delà du tourisme, notamment dans les secteurs bleus (pêche durable, finance marine) et numériques.
Sources : Fitch Ratings, FMI, Rio Times Online, septembre 2026.