Les Seychelles et le Kenya viennent de franchir une nouvelle étape dans leur coopération régionale. À travers un accord (MOU) entre le Seychelles Tourism Board (STB) et Kenya Airways, les deux pays s'engagent à renforcer la route aérienne Nairobi-Mahé, à promouvoir ensemble des itinéraires multi-destinations dans l'Océan Indien, et à approfondir leur coopération sur l'économie bleue. Une alliance qui arrive à point nommé : les Seychelles affichent une croissance économique de 5,9 % en 2025 (Banque Africaine de Développement), mais les projections pour 2026 indiquent un ralentissement à 3,1 %, rendant la diversification des flux touristiques indispensable.
La route Nairobi-Mahé au cœur du dispositif
L'accord entre le STB et Kenya Airways prévoit une augmentation des fréquences sur le corridor Nairobi-Mahé, que la compagnie kenyane considère comme stratégiquement significatif pour la clientèle loisirs et les connexions régionales. L'objectif central : développer des itinéraires « safari + plage » — combinant l'Afrique de l'Est continentale et les archipels tropicaux de l'Océan Indien. Un produit premium qui cible en priorité les marchés européens et asiatiques à fort pouvoir d'achat. Nairobi ambitionne ainsi de s'imposer comme hub de transit vers les îles de l'Océan Indien.
L'économie bleue : un axe structurant commun
Au-delà du marketing touristique, le MOU ouvre un volet plus structurant : l'économie bleue. Les deux pays partagent des priorités convergentes autour du tourisme marin durable, des ressources halieutiques, du commerce maritime et de la gouvernance des océans. Les Seychelles, pionnières en matière de financement de la protection des océans — notamment via les obligations bleues souveraines (sovereign blue bonds) —, apportent leur expertise à une démarche de valorisation commune des espaces maritimes régionaux.
Concrètement, le partenariat porte sur la gestion des parcs marins, les normes de protection des récifs coralliens, l'encadrement des croisières et les mécanismes de partage des revenus touristiques au profit des communautés locales — autant de domaines où la coopération bilatérale peut produire des standards régionaux.
Un contexte régional en mutation
Les Seychelles ont terminé l'année 2025 en dépassant les chiffres d'arrivées de 2024, confirmant une demande touristique soutenue. Mais la modération des projections de croissance pour 2026 (3,1 % contre 5,9 % l'an dernier, selon la BAD) reflète la nécessité d'aller chercher de nouvelles sources de croissance et de qualité. Le partenariat avec Kenya Airways s'inscrit directement dans cette logique, en ciblant une montée en gamme de l'offre plutôt qu'une simple hausse du volume.
Pourquoi c'est important
Pour les acteurs économiques de l'Océan Indien, cette alliance illustre une tendance de fond : les îles ne peuvent plus se contenter d'un marketing individuel. L'avenir est aux itinéraires multi-destinations, aux corridors aériens partagés et aux standards communs sur l'économie bleue. Les Seychelles et le Kenya montrent la voie — et les autres archipels de la région auraient tout intérêt à s'en inspirer pour rester compétitifs sur la scène touristique mondiale.
Sources : eTurboNews, Travel And Tour World, Banque Africaine de Développement (Seychelles Economic Outlook).