Les Seychelles se donnent sept ans pour transformer leur modèle de tourisme de croisière. La stratégie nationale de tourisme de croisière 2026-2033, validée en avril 2026, définit une feuille de route ambitieuse : renforcer les infrastructures portuaires, durcir les exigences environnementales et — surtout — augmenter la part des dépenses des croisiéristes qui reste dans l'économie locale.
SCR 2,32 milliards d'investissements sur sept ans
Le cadre financier de la stratégie prévoit SCR 2,32 milliards (roupies seychelloises) d'investissements, mobilisés via une approche mixte : fonds publics, partenariats public-privé, partenaires de développement et contributions du secteur privé. Cette enveloppe doit financer la modernisation des infrastructures portuaires de Victoria, des mesures de protection environnementale renforcées, et des mécanismes incitatifs pour que les entreprises seychelloises captent une plus grande part de la chaîne de valeur croisière.
La stratégie reconnaît en effet un point faible structurel : « Seulement une petite portion des dépenses des passagers croisière est actuellement conservée dans l'économie locale. » Le défi est connu dans l'ensemble des destinations insulaires de l'Océan Indien — mais peu ont mis en place un plan aussi structuré pour y répondre.
Un processus de deux ans, appuyé par l'ONU
La stratégie a été développée en collaboration avec la Commission économique pour l'Afrique des Nations unies (UNECA) sur deux ans. L'appui onusien confère à la démarche une légitimité méthodologique et un accès potentiel à des financements de développement international. L'objectif affiché est de positionner les Seychelles comme une « destination croisière haut de gamme et durable », en cohérence avec le positionnement touristique global de l'archipel, qui mise sur la qualité plutôt que le volume.
Pourquoi c'est important
Premier PIB par habitant d'Afrique à 17 670 dollars, les Seychelles ont construit leur prospérité sur le tourisme et l'économie bleue. Cette stratégie croisière représente une tentative systématique de monter dans la chaîne de valeur : ne plus se contenter d'accueillir des paquebots, mais en tirer un bénéfice économique maximal pour les opérateurs et les PME locales. Un modèle que les autres destinations de l'Océan Indien — Maurice, La Réunion, Mayotte — pourraient avoir intérêt à observer de près.
Sources : Seychelles Tourism Authority, ATTA Travel, Tourism Seychelles — avril-août 2026.