[SEYCHELLES] Pêche thonière : l'UE renouvelle l'accès pour 4 ans et 23 millions d'euros

Le protocole de pêche UE-Seychelles est applicable depuis le 27 juillet 2026. Trente senneurs thoniers autorisés, 55 000 tonnes/an et une contribution européenne de 23 millions d'euros sur quatre ans.

Seychelles — Business.OI
Photo : 极星 贝 / Pexels

L'Union européenne et les Seychelles ont renouvelé leur accord de pêche durable pour quatre ans, applicable depuis le 27 juillet 2026. Trente senneurs thoniers, 55 000 tonnes de quota annuel et 23 millions d'euros de contribution financière européenne — un accord qui ancre l'archipel comme partenaire stratégique de l'UE dans l'Océan Indien.

Un accord structurant pour l'économie bleue

Le nouveau protocole de partenariat de pêche durable autorise jusqu'à 30 senneurs et 8 palangriers à opérer dans les eaux seychelleises. Le quota annuel est fixé à 55 000 tonnes de thon et d'espèces migratrices. Sur quatre ans, l'UE s'engage à verser 23 millions d'euros, dont 3 millions fléchés spécifiquement vers le soutien à une pêche durable et à la gouvernance halieutique des Seychelles.

Les armateurs européens s'acquitteront de 90 euros par tonne capturée, auxquels s'ajoutent des frais dédiés à la gestion environnementale et à l'observation des écosystèmes marins.

Le thon, produit stratégique de l'Union européenne

Le thon représente 11 % des importations totales de produits de la pêche et de l'aquaculture de l'Union européenne. Avec une consommation de 2,68 kg par habitant en 2023, c'est le produit aquatique le plus consommé en Europe. Cet accord sécurise l'approvisionnement de l'industrie conservière européenne — et confirme les Seychelles comme partenaire prioritaire de l'UE dans l'Océan Indien.

Les deux parties participent à la Commission thonière de l'Océan Indien (CTOI) et partagent un objectif de gestion durable des stocks de thonidés.

Un signal pour la gouvernance halieutique régionale

La ratification formelle par le Parlement européen est encore à venir, mais l'accord est d'ores et déjà applicable à titre provisoire depuis le 27 juillet 2026. Pour les Seychelles, c'est une reconnaissance internationale de leur modèle de gouvernance maritime — et une source de revenus prévisible pour financer leurs ambitions en économie bleue.

Pourquoi c'est important

Dans un Océan Indien où la pression sur les ressources marines s'intensifie, cet accord illustre la capacité des Seychelles à négocier en position de force face à un partenaire aussi structurant que l'UE. La part de 3 millions d'euros dédiée à la durabilité reste modeste au regard des enjeux écologiques, mais l'accord pose un cadre réglementaire qui pourrait inspirer d'autres États insulaires de la région dans leurs propres négociations d'accès.

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