Un accord stratégique vient d'être signé le 27 juillet 2026 entre l'Union européenne et les Seychelles, renouvelant pour quatre ans le droit pour les flottes européennes de pêcher dans les eaux de l'archipel. Le montant engagé par Bruxelles s'élève à 23 millions d'euros, dont 3 millions fléchés vers le développement durable du secteur halieutique local.
Un partenariat mutuellement bénéfique
L'accord autorise jusqu'à 30 senneurs et 8 palangriers européens à opérer dans la zone économique exclusive seychelloise. Le quota annuel est fixé à 55 000 tonnes de thon et d'autres espèces migratrices. En contrepartie, les armateurs s'acquittent d'une redevance de 90 euros par tonne pêchée, qui vient alimenter directement les recettes de l'archipel.
« Ce partenariat symbolise notre engagement commun en faveur d'une pêche durable dans l'océan Indien », a indiqué la Commission européenne dans son communiqué officiel. Pour les Seychelles, premier producteur de thon en conserve d'Afrique subsaharienne, cet accord consolide une filière qui représente plus de 90 % des recettes d'exportation du pays.
L'argent, mode d'emploi
Les 3 millions d'euros dédiés au secteur iront financer plusieurs axes prioritaires : le développement de la petite pêche artisanale, l'aquaculture, la coopération scientifique entre instituts de recherche européens et seychellois, la surveillance des écosystèmes marins et le renforcement de la lutte contre la pêche illégale (INN).
Ce volet « secteur » est crucial pour les Seychelles, qui cherchent à monter en valeur ajoutée — transformation, certification, traçabilité — plutôt que de rester cantonnées au rôle de fournisseur de matière première. La création de filières de transformation locale reste un objectif affiché du plan de développement de l'archipel.
Pourquoi c'est important
Pour l'Océan Indien, cet accord est un signal fort : les Seychelles confirment leur statut de partenaire incontournable dans la gouvernance des ressources marines régionales. Il intervient alors que les pays de la zone SADC et COI négocient de nouveaux cadres de coopération halieutique face au changement climatique et à la surpêche.
L'accord offre également une garantie de revenus stables pour le budget seychellois, dans un contexte où le gouvernement de Mahé cherche à diversifier ses recettes au-delà du tourisme, secteur encore exposé aux aléas des crises internationales.
Source : Commission européenne, 27 juillet 2026