Après une année 2025 record, le tourisme seychellois marque le pas. Selon Tourism Update, l'archipel a accueilli 145 858 visiteurs de janvier à mai 2026, soit un recul de 11,7 % par rapport aux 165 155 arrivées enregistrées sur la même période un an plus tôt.
Un début d'année en dents de scie
La tendance a viré au fil des mois : après un début d'année en croissance d'environ 12 % en janvier-février, le marché a plongé d'environ 35 % en mars-avril, avant un mois de mai encore en repli de 3 %. Un renversement brutal pour une destination habituée aux performances haut de gamme.
Les causes citées sont d'abord logistiques : perturbations de la connectivité aérienne via les hubs du Moyen-Orient, hausse du prix des billets, et concurrence accrue de destinations rivales comme Maurice, Zanzibar ou les Maldives. S'y ajoute une vigilance accrue des voyageurs de luxe sur le rapport qualité-prix.
Une croissance divisée par trois
L'impact macroéconomique est significatif. Le FMI table désormais sur une croissance de 1,5 % pour 2026, contre 5,1 % estimés en 2025 — année où les arrivées record avaient dopé l'une des meilleures performances récentes du pays. Le tourisme pèse en effet une part déterminante du PIB de ce qui reste l'économie insulaire la plus riche d'Afrique par habitant.
Pourquoi c'est important
Le cas seychellois illustre la fragilité des économies mono-sectorielles de l'Océan Indien face aux chocs de connectivité. Quand un couloir aérien se ferme, c'est toute la chaîne de valeur — hôtellerie, restauration, emploi — qui vacille. Les opérateurs de luxe se veulent toutefois rassurants : les demandes pour 2027 repartent à la hausse et les offres de réservation anticipée commencent à reconstruire la demande. Un test grandeur nature de la résilience du modèle seychellois.
Sources : Tourism Update ; Fonds monétaire international (perspectives 2026).