Lorsque Patrick Herminie a pris ses fonctions le 26 octobre 2025, après une victoire au second tour avec 52,7 % des voix, il héritait d'une économie seychelloise paradoxale : un record de fréquentation touristique en 2025 — 398 841 arrivées, en hausse de 13 % — mais une croissance qui ralentit nettement en 2026 sous l'effet d'un choc exogène et d'une dette publique en progression.
Un boom touristique rattrapé par un choc géopolitique
L'économie seychelloise avait affiché une croissance robuste en 2025 : 5,8 % selon la Banque mondiale, 5,1 % selon le FMI. Mais les projections pour 2026 sont nettement plus sobres. Le FMI estime désormais la croissance à environ 1,5 %, tandis que l'agence de notation Fitch projette une chute de 10 % des arrivées touristiques et une baisse de 8 % des recettes du secteur. Sur les sept premiers mois de 2026, les arrivées accusent déjà une contraction de 11 % en glissement annuel, en raison notamment des perturbations sur les liaisons aériennes internationales liées au conflit en Méditerranée orientale.
Cette vulnérabilité structurelle de l'archipel à sa dépendance touristique est au cœur du défi économique du nouveau président. Les Seychelles tirent plus de 60 % de leurs recettes en devises du tourisme, ce qui expose l'économie à tout choc sectoriel ou géopolitique.
Une dette qui monte, des réserves qui s'effritent
La dette publique et garantie par l'État des Seychelles s'établissait à 53,6 % du PIB à fin 2025. Le FMI projette qu'elle atteindra 57,2 % du PIB à fin 2026, creusant l'écart avec les normes prudentielles recommandées pour les petits États insulaires. Les réserves internationales, chiffrées à environ 878 millions de dollars à fin décembre 2025, offrent une couverture d'environ quatre mois d'importations — un matelas jugé suffisant mais qui se réduira si la contraction touristique se prolonge.
La combinaison d'une montée de la dette, d'un ralentissement des recettes touristiques et d'une forte dépendance aux importations (l'archipel n'est autosuffisant dans presque aucun secteur) complique la marge de manœuvre budgétaire du gouvernement Herminie.
Pourquoi c'est important
Les Seychelles demeurent un baromètre de la santé de l'économie bleue et du tourisme de luxe dans l'Océan Indien. Leurs défis — dépendance touristique, exposition à la dette, risques climatiques sur les actifs côtiers — résonnent avec ceux de Maurice, de La Réunion et des petits États insulaires de la région. La manière dont le président Herminie gérera ce ralentissement donnera des indications précieuses sur la résilience des économies insulaires face aux chocs extérieurs.
Source : riotimesonline.com ; FMI Perspectives économiques mondiales 2026 ; Fitch Ratings 2026