Venir des Seychelles et viser l'Afrique de l'Est en six mois : c'est la trajectoire que s'est fixée Fusepay, startup seychelloise fondée par Vidhyasahar Thiyagarajan et Francesco Rocchi. En juillet 2026, l'entreprise a lancé Fuse360, une plateforme de gestion d'entreprise alimentée par l'intelligence artificielle, après avoir levé plus de 350 000 dollars en pré-amorçage auprès de fonds reconnus internationalement. Un signal fort pour un archipel qui se positionne de plus en plus comme laboratoire d'innovation pour l'Océan Indien.
Fuse360 : l'IA au service des PME de distribution
Fuse360 s'adresse en priorité aux entreprises de vente en gros et distribution — un segment traditionnellement sous-équipé en outils numériques dans l'Océan Indien. La plateforme intègre la gestion des stocks, la facturation, le recouvrement, les relations avec les détaillants, ainsi qu'un portail client en libre-service. Mais c'est l'intégration de l'IA qui constitue le différenciateur principal : des agents automatisés prennent en charge la réconciliation comptable, les rapports de performance et l'analyse des données comportementales pour le scoring crédit (KYC/KYB avancé).
« La réconciliation manuelle et le suivi papier des créances coûtent des dizaines d'heures par semaine aux PME de la région », explique le positionnement de Fusepay. En automatisant ces tâches, Fuse360 promet de libérer du temps de gestion pour se concentrer sur la croissance.
350 000 dollars et un réseau international dès le démarrage
La levée de pré-amorçage de plus de 350 000 dollars a réuni des investisseurs de premier plan : Hustle Fund, Everywhere Ventures, First Check Ventures, Startup Istanbul et Velocity Digital, auxquels s'ajoute le business angel Ashwin Ravichandran. Ce tour de table international — impliquant des fonds américains, européens et régionaux — illustre un appétit croissant pour les startups de l'Océan Indien capables de proposer des solutions scalables à l'échelle africaine.
Une expansion régionale en trois temps
Le plan de déploiement est clair : lancement aux Seychelles en juillet 2026, extension à Maurice en septembre 2026, puis déploiement en Afrique de l'Est et australe avant fin 2026. Cette trajectoire fait des Seychelles non pas un marché cible en soi — trop petit pour absorber seul l'ambition — mais un terrain d'expérimentation pour valider le produit avant de l'exporter à plus grande échelle.
Le marché adressable est réel : PME de distribution en Afrique orientale, marchés encore peu digitalisés en termes de gestion opérationnelle et de crédit commercial. Le timing coïncide avec l'essor général des plateformes B2B SaaS sur le continent, un segment qui a attiré plusieurs centaines de millions de dollars ces deux dernières années.
Pourquoi c'est important
Fuse360 illustre une tendance de fond : de petits archipels de l'Océan Indien peuvent désormais produire des startups à ambition continentale, financées par des capitaux internationaux. Pour La Réunion, Madagascar, les Comores et Maurice, l'exemple seychellois rappelle que la taille du marché local n'est plus un plafond de verre — à condition de construire dès le départ un produit exportable. Dans un contexte où le financement early-stage africain s'érode (lire notre bilan du S1 2026), les Seychelles montrent qu'il est possible de capter des capitaux internationaux même depuis les marges du continent.
Source : TechInAfrica, juillet 2026.