La saison de croisière 2025-2026 des Seychelles s'est conclue le 27 juin avec 41 escales à Port Victoria — contre 35 la saison précédente — et 8 visites inaugurales de nouveaux opérateurs. Dans la foulée, l'archipel a validé une stratégie nationale de tourisme de croisière 2026-2033, dotée d'un financement estimé à 2,32 milliards de roupies seychelloises.
Une saison record en nombre d'escales
Le MV Viking Yi Dun a effectué la dernière escale de la saison le 27 juin 2026, clôturant un exercice que l'archipel qualifie d'historique. Avec 41 escales enregistrées à Port Victoria — hausse de 17 % par rapport à la saison 2024-2025 — les Seychelles ont su attirer de nouveaux armateurs. Les 8 visites inaugurales témoignent d'un intérêt renouvelé des opérateurs pour une destination qui capitalise sur son image d'exclusivité.
Les données historiques placent ce retour en perspective : les arrivées par croisière étaient de 15 634 en 2010 pour atteindre 68 000 lors de la saison 2023-2024. La trajectoire reste orientée à la hausse, mais la nouvelle stratégie entend désormais piloter cette croissance, non plus la subir.
La stratégie 2026-2033 : qualité contre quantité
Élaborée sur deux ans en collaboration avec la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (UNECA) et son Bureau sous-régional pour l'Afrique de l'Est, la stratégie de tourisme de croisière 2026-2033 marque un virage stratégique majeur. L'archipel assume un positionnement haute valeur, faible volume : priorité aux navires de croisière de luxe, d'expédition et de petite taille plutôt qu'aux mastodontes qui saturent les ports et diluent l'impact économique local.
Le budget estimatif atteint 2,32 milliards de roupies seychelloises (SCR), mobilisés via un financement mixte combinant fonds publics, partenariats public-privé et bailleurs de développement. Les priorités d'investissement portent sur l'infrastructure portuaire de Port Victoria, les dispositifs de suivi environnemental et les systèmes de données permettant une planification dynamique.
L'enjeu de la rétention économique locale
Le principal défi identifié par la stratégie est direct : seule une petite proportion des dépenses des passagers reste dans l'économie locale. En clair, les croisiéristes dépensent, mais une large part de cette valeur repart avec les armateurs ou les fournisseurs étrangers. Le plan vise à renforcer les liens avec les entreprises locales — artisans, guides, restaurateurs, producteurs — pour maximiser la valeur retenue sur le territoire.
Une structure de gouvernance multi-niveaux est proposée pour coordonner cette ambition entre le gouvernement, le secteur privé et les partenaires de développement. La stratégie s'inscrit également dans le prolongement du plan d'action tourisme 2026-2030 que le Cabinet seychellois a entériné séparément.
Pourquoi c'est important
Les Seychelles font le pari que moins de croisiéristes, mais mieux sélectionnés, génèrent plus de revenus nets par visiteur et moins de pression sur les écosystèmes marins qui constituent leur principal atout compétitif. Un modèle que l'ensemble des destinations touristiques de l'Océan Indien — de La Réunion à Mayotte — observe attentivement, à l'heure où le sur-tourisme menace les équilibres naturels et sociaux des îles.