L'archipel seychellois, économie insulaire la plus riche d'Afrique par habitant, traverse une passe difficile. Entre janvier et mai 2026, le nombre de visiteurs a reculé de 11,7 %, passant de 165 155 à 145 858 arrivées. Le FMI révise à la baisse la croissance 2026 à seulement 1,5 %, contre 5,1 % en 2025.
Les hubs du Golfe au cœur de la vulnérabilité
La cause principale est structurelle : environ 60 % des touristes qui se rendent aux Seychelles transitent par des hubs d'aviation du Moyen-Orient. Les tensions régionales et les perturbations de vols dans le Golfe ont donc un impact direct et immédiat sur les chiffres d'arrivées à Mahé. Le mois de mai 2026 en est l'illustration la plus frappante : 27 201 visiteurs, en recul de 3,4 % par rapport à mai 2025.
Le tourisme de croisière a été particulièrement sinistré : en mai 2026, le nombre de croisiéristes journaliers a chuté de 43,8 %, passant de 3 146 à seulement 1 767 visiteurs d'un jour. Sur cinq mois, les arrivées par voie maritime reculent de 2,2 %.
Une structure économique qui amplifie la fragilité
Les touristes européens représentent 72,8 % des arrivées (106 142 personnes sur cinq mois), suivis par les Asiatiques (15 %, soit 21 901 personnes) et les visiteurs africains (7,2 %, 10 548). Les Seychelles importent par ailleurs environ 95 % de leur énergie et une grande partie de leur alimentation, ce qui amplifie considérablement leur exposition aux chocs exogènes. Les 88,4 % de primo-visiteurs signalent une destination encore peu fidélisée, où chaque décision de voyage est influençable à la marge par des facteurs extrêmes comme les perturbations aériennes.
Pourquoi c'est important
La crise seychelloise illustre un paradoxe régional bien connu : les destinations les plus attractives et les plus chères sont aussi les plus vulnérables aux chocs de connectivité aérienne. Pour les Seychelles, la réponse de long terme passe par la diversification des marchés émetteurs — Afrique et Asie notamment — et par le développement de liaisons directes indépendantes des hubs du Golfe. Un signal d'alerte pour toutes les économies touristiques de l'Océan Indien, de Maurice à Madagascar, dont la connectivité repose en grande partie sur les mêmes routes aériennes.
Sources : The Radical Leap Group, Travelmole, TourismUpdate (2026).