La réunion du Cabinet seychellois du 17 au 22 juillet 2026 a produit un agenda de décisions économiques particulièrement dense, touchant la régulation des changes, les prix du carburant, la protection des consommateurs, la gouvernance des pensions et l'agriculture. Autant de réformes qui dessinent une île aux Seychelles en mutation profonde.
Libéralisation du cadre de change
Le Cabinet a modernisé le Foreign Exchange Act de 2009 en étendant le statut d'« authorised dealers » aux coopératives de crédit et aux prestataires de services de paiement agréés. Les règles encadrant l'utilisation des devises étrangères dans les transactions domestiques ont également été clarifiées. L'objectif : assouplir un cadre jugé trop rigide pour accompagner la diversification financière de l'archipel.
Fin progressive du soutien au prix des carburants
Le Cabinet a approuvé un Cadre de Redressement Accéléré (Accelerated Recovery Framework) pour sortir du régime de soutien d'urgence aux prix du carburant. Le mécanisme prévoit une restauration progressive des prix du gasoil et du mogas, avec une première hausse d'environ SCR 2 par litre. Des mesures d'accompagnement ciblées seront déployées pour protéger les utilisateurs les plus vulnérables. Un ajustement douloureux mais inévitable dans un contexte budgétaire contraint.
Supervision des pensions et protection des consommateurs
La Financial Services Authority (FSA) est désignée superviseur unifié des régimes de pension publics et privés, dans le cadre d'un « cadre de supervision fondé sur le risque, qui renforce la gouvernance, la transparence et la stabilité financière ». La Fair Trading Commission a par ailleurs vu son Plan Stratégique approuvé, avec pour mission de renforcer la protection des consommateurs et la promotion de la concurrence loyale.
Deux nouvelles agences pour l'agriculture
Deux structures ont été créées : la Seychelles Agriculture Development Agency, chargée de soutenir les agriculteurs locaux, et la Biosecurity Agency, dont le mandat est de protéger l'archipel contre les « ravageurs, maladies et espèces envahissantes », renforçant ainsi la sécurité alimentaire. Une décision qui reflète la volonté des Seychelles de réduire leur dépendance aux importations alimentaires.
Pourquoi c'est important
En une seule semaine, le Cabinet seychellois a touché à cinq secteurs économiques structurants. Cette densité décisionnelle reflète la pression qui s'exerce sur un petit État insulaire cherchant à moderniser ses institutions tout en gérant des contraintes budgétaires réelles. Pour les investisseurs régionaux, les réformes du cadre de change et de la supervision des pensions signalent une intention claire : renforcer la crédibilité réglementaire des Seychelles comme destination financière sérieuse dans l'Océan Indien.