Avec le PIB par habitant le plus élevé d'Afrique — 17 670 dollars en avril 2026 — les Seychelles évoluent dans une catégorie à part. L'archipel de 2,32 milliards de PIB (2025) mise désormais sur une stratégie à trois volets pour consolider et amplifier cette position : la régulation des actifs numériques, l'extension des infrastructures et le développement accéléré de l'économie bleue.
Finance : la loi VASP et le retrait de la liste UE
Les Seychelles ont adopté la loi sur les prestataires de services en actifs virtuels (VASP), l'un des premiers régimes de licences dédiés aux crypto-actifs de la région Océan Indien. En parallèle, l'archipel a été retiré de la liste des juridictions non coopératives de l'Union européenne et a obtenu la classification « Largely Compliant » du Forum mondial de l'OCDE. Deux signaux majeurs pour les investisseurs institutionnels qui cherchent une place financière à la fois agile et conforme aux standards internationaux.
Infrastructure : le port Victoria et l'aéroport
Le gouvernement a lancé des appels d'offres pour l'extension du port de commerce de Victoria, artère vitale pour les importations de cette nation insulaire sans ressources minières. Des plans de rénovation de l'aéroport international ont également été annoncés, dans le cadre d'une stratégie d'infrastructure visant à réduire la dépendance logistique et à accroître la capacité d'accueil pour le tourisme et le commerce.
Blue economy : une ZEE de 1,3 million de km²
Les Seychelles contrôlent une zone économique exclusive de 1,3 million de km² et produisent environ 20 % du thon mondial. Le port régional de l'archipel traite plus de 80 % des captures de thon de l'Océan Indien. En 2025, le tourisme a enregistré une croissance de 13 % des arrivées, renforçant la double assise — ressources marines et tourisme — de cette économie bleue. La valorisation des écosystèmes marins et les énergies offshore constituent les prochaines frontières.
Pourquoi c'est important
Les Seychelles démontrent qu'une microéconomie insulaire peut construire une trajectoire de développement durable si elle capitalise sur ses avantages comparatifs : position géographique, stabilité institutionnelle, ressources marines et attractivité fiscale. La combinaison finance crypto-régulée, infrastructure renforcée et blue economy constitue un modèle potentiellement transposable à d'autres États insulaires de l'Océan Indien — et un argument de poids pour les investisseurs qui cherchent une plateforme régionale.