La Banque centrale des Seychelles a maintenu son taux directeur à 1,75 % lors de sa décision de politique monétaire du 29 juin 2026, pour le troisième trimestre. Un signal de stabilité dans un contexte de tourisme en fort recul et de pressions inflationnistes importées.
Un tourisme qui subit de plein fouet les tensions mondiales
Les statistiques de la première moitié de 2026 sont éloquentes : les arrivées touristiques aux Seychelles ont reculé de 14 % à mi-juin par rapport à l'année précédente. Sur les cinq premiers mois (janvier–mai 2026), les revenus touristiques ont baissé de 2,1 % à 455 millions de dollars, avec seulement 154 232 visiteurs enregistrés. La cause principale : les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui ont perturbé les grandes plateformes aéroportuaires de transit et réduit sensiblement les flux de voyageurs depuis mars 2026. L'archipel, dont les recettes en devises dépendent à plus de 60 % du tourisme, en ressent directement les effets, avec une roupie seychelloise sous pression.
Une inflation importée qui guette
Parallèlement à la pression sur la devise, la flambée des coûts mondiaux du fret maritime et des hydrocarbures alimente une inflation domestique en hausse. La Banque centrale a maintenu ses taux de facilité de dépôt à 0,25 % et de prêt à 3,25 %. Son Premier Vice-Gouverneur Brian Commettant a déclaré : « Les activités économiques continuent de se redresser, mais les incertitudes restent élevées, notamment concernant les développements internationaux qui impactent directement les Seychelles. »
Diversification : la priorité qui s'impose
Malgré ce tableau difficile, les projections de croissance pour 2026 restent globalement positives, soutenues par la pêche, les services financiers offshore et une reprise progressive du trafic aérien. L'archipel travaille en parallèle à sa stratégie de diversification économique dans l'économie bleue et l'agriculture locale, afin de réduire sa vulnérabilité structurelle au cycle touristique mondial.
Pourquoi c'est important
Maintenir le taux directeur est un pari sur la stabilité face à l'incertitude. Mais la question de fond reste entière : un archipel de 100 000 habitants peut-il continuer à dépendre à 60 % d'un tourisme aussi exposé aux crises mondiales ? La réponse se construira dans la diversification — et l'urgence de cette transformation ne fait que croître à chaque choc géopolitique.