[SEYCHELLES] Accord UE-ESA : après 7 ans, les quatre îles de l'Océan Indien obtiennent un accès libre-échange total avec l'Europe

Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles ont conclu le 10 juin 2026 à Balaclava un accord de partenariat économique renforcé avec l'UE — premier FTA global en Afrique subsaharienne — après sept ans de négociations.

Seychelles — Business.OI
Photo : Ollie Craig / Pexels

L'Union européenne et quatre États insulaires de l'Afrique orientale et australe ont conclu le 10 juin 2026 à Balaclava (Maurice) un Accord de Partenariat Économique Renforcé (EPA). Après sept ans de négociations, Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles disposent désormais d'un cadre commercial sans précédent avec le premier marché du monde.

Sept ans de tractations, un résultat historique

Les négociations avaient été lancées le 2 octobre 2019, dans le même hôtel de Balaclava. Le processus aura nécessité dix-sept rounds techniques avant d'aboutir à un texte qualifié de « première Zone de Libre-Échange globale en Afrique subsaharienne » par les deux parties. Le nouvel accord s'appuie sur l'EPA intérimaire de 2009, entré en vigueur en 2012, auquel les Comores avaient adhéré en 2019.

Ce que couvre l'accord

L'EPA renforcé va bien au-delà du seul accès au marché des biens. Il englobe désormais le commerce des services, l'investissement, le commerce numérique et la coopération sectorielle. Le principe central reste inchangé : accès duty-free et sans quota pour les exportations des quatre États vers l'Union européenne. En échange, l'accord encourage la transformation locale et la montée en gamme industrielle des économies insulaires.

Un levier pour la diversification économique

Pour les Seychelles, dont le PIB dépend encore à plus de 60 % du tourisme et de la pêche au thon, l'intégration du volet « commerce numérique » ouvre la porte à de nouveaux secteurs d'exportation de services. Madagascar et les Comores, exportateurs de vanille, de girofle et de ylang-ylang, bénéficient d'une sécurisation de leur accès préférentiel, tandis que Maurice consolide sa position de hub financier et logistique régional. Les dispositions sur l'investissement sont particulièrement scrutées : elles devraient faciliter l'implantation d'entreprises européennes dans la zone, avec des garanties de protection renforcées.

Prochaines étapes

L'accord reste soumis à une révision juridique, puis à une signature formelle et à la ratification par les parlements des États membres de l'UE ainsi que par les quatre gouvernements insulaires. Aucun calendrier précis n'a été communiqué, mais les représentants des deux parties ont évoqué une entrée en vigueur « avant la fin de la décennie ».

Pourquoi c'est important

L'Union européenne est le premier partenaire commercial de la zone Océan Indien. Cet accord arrive au moment où les quatre États cherchent à attirer des investissements post-pandémie et à réduire leur vulnérabilité aux chocs de demande touristique. Il place également ces économies insulaires dans une position unique : bénéficier d'un accès préférentiel total à l'UE tout en étant membres de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Une combinaison que très peu de pays du continent peuvent revendiquer.

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