La reprise observée à La Réunion en 2025 reste fragile et pourrait s'essouffler en 2026. C'est le constat dressé par l'IEDOM (Institut d'émission des départements d'outre-mer), qui décrit une économie insulaire prise entre baisse de l'inflation et vulnérabilités persistantes.
Une reprise qui ne crée pas d'emplois
Selon l'IEDOM, « cette reprise est néanmoins timide ». L'emploi privé reste atone, voire en léger repli, et la reprise économique ne se traduit pas encore massivement en créations de postes. Le chômage demeure structurellement élevé sur l'île, un mal ancien que le rebond de 2025 n'a pas suffi à résorber. L'institut note par ailleurs que 2025 pourrait établir un record en matière de défaillances d'entreprises.
L'inflation reflue, l'énergie inquiète
Point favorable : l'inflation est revenue sous les 2 % en 2025 dans l'ensemble des Outre-mer, desserrant la contrainte sur le pouvoir d'achat. Mais l'accalmie pourrait être de courte durée : l'IEDOM anticipe de « nouvelles pressions inflationnistes » en 2026 et souligne que « le choc énergétique actuel souligne l'urgence de la transition énergétique » pour un territoire fortement dépendant des importations.
Consolider avant d'accélérer
Le message de l'institut d'émission tient en une formule : « consolider la reprise, accélérer la transformation ». Autrement dit, la croissance affichée ne dispense pas La Réunion de s'attaquer à ses fragilités de fond — dépendance énergétique, tissu d'entreprises exposé, marché du travail atone — sous peine de voir le rebond s'évaporer.
Le record possible de défaillances d'entreprises en 2025 est à cet égard un signal à ne pas négliger : il témoigne d'un tissu économique fragilisé par des années de coûts élevés et de trésoreries tendues, que la baisse de l'inflation ne suffit pas encore à réparer. La question de l'énergie, elle, cristallise les vulnérabilités : tant que l'île reste tributaire des importations pour produire son électricité, sa croissance demeurera exposée aux soubresauts des marchés mondiaux et la transition énergétique restera moins un choix qu'une nécessité stratégique.
Pourquoi c'est important
La Réunion illustre le paradoxe de nombreuses économies insulaires : une reprise réelle mais peu créatrice d'emplois, adossée à des importations qui la rendent vulnérable au moindre choc extérieur. Pour les décideurs locaux, l'enjeu de 2026 n'est pas seulement de croître, mais de transformer cette croissance en emplois et en résilience. Un défi partagé par l'ensemble de la zone Océan Indien.