La République démocratique du Congo a approuvé le 10 juillet 2026 un partenariat stratégique avec le groupe portugais Mota-Engil pour réhabiliter 450 kilomètres de voie ferrée dans le cadre du Corridor de Lobito. Avec 753 millions de dollars de financement déjà bouclés et une réduction attendue de 30 % des coûts logistiques, ce chantier redessine les flux d'exportation du cuivre et du cobalt congolais.
Un corridor ferroviaire continental
Le Corridor de Lobito relie le port angolais de Lobito — sur la côte atlantique — aux provinces minières du Katanga, en RDC. Le tronçon RDC (450 km) traverse Kolwezi, Tenke et Lubumbashi jusqu'à la frontière zambienne. Le projet total, incluant le segment angolais (1 300 km déjà réhabilité), représente un des plus grands investissements en infrastructures ferroviaires d'Afrique de la décennie.
L'Africa Finance Corporation (AFC) a bouclé en juillet 2026 un financement de 753 millions de dollars pour la section angolaise. La US International Development Finance Corporation (DFC) s'est engagée jusqu'à 553 millions de dollars pour la portion RDC, avec l'appui supplémentaire de la Banque mondiale (500 millions), de la Banque africaine de développement, et de l'Union européenne via Global Gateway (116 millions d'euros).
-30 % sur les coûts logistiques : la donnée qui change tout
Aujourd'hui, les minéraux congolais empruntent majoritairement la route du sud vers le port de Durban (Afrique du Sud) — un trajet de 25 jours. Via Lobito, le transit tomberait à 7 jours jusqu'à l'Atlantique, soit une réduction estimée de 30 % des coûts logistiques selon les projections du projet. Un avantage compétitif décisif pour les mines de cuivre, cobalt, zinc et lithium du Katanga.
La RDC est le premier producteur mondial de cobalt — le matériau clé des batteries de véhicules électriques — et le deuxième producteur de cuivre après le Chili. Le plan de montée en charge prévoit de faire passer le trafic de 12 à 20 trains hebdomadaires d'ici 2027.
Un partenariat sur mesure avec Mota-Engil
Mota-Engil, groupe de BTP portugais, s'impose comme le contractant EPC (Engineering, Procurement, Construction) principal pour la réhabilitation du tronçon RDC. Il travaillera en co-investissement avec le groupe Trafigura (négoce de matières premières) et Vecturis SA (spécialiste belge de la gestion ferroviaire). La SNCC, compagnie nationale des chemins de fer du Congo, reste l'opérateur public partenaire.
Le Cabinet congolais a validé la concession le 10 juillet 2026. Les travaux de grande envergure sont attendus au T4 2026. Le tronçon avait été interrompu en avril 2026 par des inondations ; le trafic fret a repris depuis.
Pourquoi c'est important
Le Corridor de Lobito positionne l'Afrique centrale et la RDC au cœur des chaînes d'approvisionnement mondiales de la transition énergétique. Pour les pays de l'Océan Indien — qui commercent avec la RDC et dépendent des minerais africains — c'est une recomposition majeure des flux commerciaux transcontinentaux à surveiller de près.