[MAYOTTE] Triple blocage économique : le patronat crie à l'asphyxie et menace de fermetures en cascade

Port de Longoni fermé, Koungou bloqué, CARIBUS en travaux : trois crises simultanées asphyxient l'économie mahoraise. Le patronat (MEDEF, U2P, UMIH) alerte sur des fermetures en cascade imminentes.

Mayotte — Business.OI
Photo : Nabil Naidu / Pexels

Les principales organisations patronales de Mayotte — MEDEF, Entrepreneurs, U2P, UMIH — ont publié un communiqué commun le 3 septembre 2026 pour alerter sur une situation qu'ils qualifient de « paralysie totale ». Trois crises se superposent simultanément, menaçant directement des centaines d'emplois. Le diagnostic en cinq minutes.

Trois blocages qui s'additionnent

Le premier coup est la fermeture du Port de Longoni depuis le 1er septembre 2026. Le port est la principale porte d'entrée des marchandises à Mayotte — denrées alimentaires, matériaux de construction, équipements industriels. Son arrêt brutal crée une rupture d'approvisionnement dont les effets se font sentir dès les premiers jours dans la grande distribution et les chantiers.

Simultanément, un arrêté communal restreignant la circulation dans la zone de Koungou paralyse une artère économique majeure de l'île. Et pour couronner le tout, les travaux du CARIBUS en zone KAWENI — le principal couloir commercial de Mayotte — bloquent une troisième voie de circulation.

Le patronat dénonce la convergence : « Les entreprises ne peuvent être les otages et les dégâts corollaires des politiques publiques. »

Un avertissement sans précédent

Rarement les organisations patronales mahoraises ne s'étaient unies avec une telle netteté pour sonner l'alarme. Leur communiqué conjoint du 3 septembre liste trois demandes concrètes et immédiates : réaliser les travaux CARIBUS de nuit pour libérer la circulation en journée, rétablir immédiatement la liberté de circulation à Koungou, et relancer sans délai l'activité portuaire à Longoni.

En l'absence de réponse rapide, le patronat avertit d'une possible « fermeture en cascade d'entreprises et la perte de centaines d'emplois ». Mayotte présente déjà l'un des taux de chômage les plus élevés des territoires français, et sa fragilité économique rend chaque coup de frein particulièrement douloureux.

Un tissu économique sous pression permanente

Mayotte sort à peine de la crise ouverte par la fermeture du Port de Longoni fin 2025, lors du mouvement social qui avait paralysé l'île pendant plusieurs semaines. L'accord de reprise signé à l'époque n'a pas durablement apaisé les tensions. La reconstruction post-cyclone Chido (décembre 2024) absorbe encore des ressources considérables, fragilisant des entreprises déjà sous pression financière.

Dans ce contexte, chaque disruption supplémentaire amplifie les risques de ruptures de trésorerie, notamment pour les TPE et PME locales qui n'ont pas les réserves pour absorber des arrêts d'activité prolongés.

Pourquoi c'est important

Mayotte illustre un risque systémique propre aux petites économies insulaires : la concentration des flux sur quelques infrastructures critiques crée une vulnérabilité extrême. Quand le port ferme, le commerce s'arrête. Quand les axes routiers sont coupés, la livraison s'arrête. Le tissu entrepreneurial local, privé de ses marges, ne peut pas absorber ces chocs à répétition sans dommages durables. La balle est dans le camp des pouvoirs publics pour débloquer la situation avant que les fermetures ne deviennent irréversibles.

Source : Le Journal de Mayotte, communiqué patronal conjoint, 3 septembre 2026.

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