Depuis le 1er juillet 2026, la LODEOM (Loi pour le Développement Économique des Outre-mer) est officiellement en vigueur à Mayotte. Pour les entreprises de l'île, cela signifie des exonérations de cotisations patronales potentiellement significatives — à condition de naviguer entre deux régimes distincts et de faire les bons choix avant la fin octobre.
Qu'est-ce que la LODEOM change concrètement ?
La LODEOM introduit un système d'exonérations de cotisations patronales de sécurité sociale, applicable à toutes les entreprises disposant d'un établissement à Mayotte. Trois barèmes différents s'appliquent selon :
- Le secteur d'activité (certains secteurs prioritaires bénéficient de taux plus favorables) ;
- L'effectif de l'entreprise ;
- Le chiffre d'affaires ;
- La rémunération individuelle du salarié concerné.
L'objectif affiché est d'alléger le coût du travail pour des entreprises qui évoluent dans un contexte post-cyclone Chido encore difficile, avec des coûts d'approvisionnement élevés et une infrastructure fragilisée.
LODEOM ou RGDU : le choix que les RH doivent faire maintenant
La subtilité de ce dispositif réside dans sa coexistence avec la RGDU (Réduction Générale des cotisations patronales Des Ultramarins), en vigueur depuis janvier 2026. Les deux régimes sont distincts et non cumulables pour un même salarié. En revanche, une même entreprise peut appliquer la RGDU pour certains salariés et la LODEOM pour d'autres.
Cette double option oblige les directions RH et financières à arbitrer salarié par salarié, selon la situation individuelle (niveau de rémunération, type de contrat, secteur). Un simulateur officiel sera mis à disposition par la CSSM d'ici fin octobre 2026 pour aider les employeurs à estimer les montants d'exonération. En attendant, la CSSM a organisé un webinaire explicatif le 9 juillet 2026.
Un contexte de reconstruction sous pression budgétaire
L'entrée en vigueur de la LODEOM intervient dans un contexte économique difficile pour Mayotte. L'île est toujours en phase de reconstruction après le passage du cyclone Chido fin 2024. Le gouvernement a promis 674 millions d'euros pour la reconstruction en 2026, dans le cadre d'une stratégie quinquennale 2026-2031. Ces fonds sont conditionnés aux arbitrages budgétaires nationaux, source d'incertitude persistante pour les opérateurs économiques.
De son côté, l'organisme BGE Mayotte a accompagné 1 560 personnes en 2025, dont 360 entreprises et TPE et 72 structures de l'économie sociale et solidaire. Son résultat net est revenu à l'équilibre (+3 305 euros), après un exercice 2024 déficitaire. L'organisation vise à renforcer son soutien aux structures ESS en 2026, secteur particulièrement actif dans le tissu économique mahorais.
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs économiques de la région OI qui opèrent à Mayotte ou envisagent d'y investir, la LODEOM représente une opportunité concrète d'alléger les charges salariales dans un environnement encore fragilisé. Mais elle exige une analyse fine au niveau de chaque poste. La clé : faire les bons arbitrages avant la mise en ligne du simulateur, pour ne pas rater la montée en charge du dispositif dès le second semestre 2026.