[MAYOTTE] Choose Outre-Mer : 12 millions d'euros captés pour trois projets stratégiques

Lors du premier sommet Choose Outre-Mer, Mayotte a sécurisé 12 millions d'euros pour reconstruire une usine de peinture, produire de l'eau alternative et créer une école de production.

Mayotte — Business.OI
Photo : Sanjit Majumdar / Pexels

C'est une première dans l'histoire économique des outre-mer. Le sommet Choose Outre-Mer, organisé début octobre 2026 à l'initiative de la ministre Naïma Moutchou, a mobilisé plus de 150 entreprises françaises et internationales autour d'un objectif clair : tourner la page de l'aide pour basculer vers l'investissement productif. Pour Mayotte, le bilan est concret — 12 millions d'euros actés sur trois projets, dans trois secteurs essentiels à la reconstruction de l'île.

Trois projets, trois leviers pour Mayotte

Le plus important engagement concerne le groupe réunionnais Océinde, qui investit 6,2 millions d'euros pour reconstruire la fabrique Mauvilac de peintures et revêtements à Mayotte. Un outil industriel local, détruit lors des récents événements climatiques, qui retrouvera une capacité de production autonome.

Kumulus Water opère de son côté un engagement de 4,3 millions d'euros dans le cadre du programme IEE Mayotte. L'entreprise y déploie sa technologie de production d'eau alternative — une solution critique dans un territoire où l'accès à l'eau potable reste un défi structurel.

Le troisième volet, porté par Habit'Âme, mobilise 1,5 million d'euros pour une école de production et une unité de pyrolyse du plastique — deux axes qui répondent à la fois au chômage des jeunes et à la gestion des déchets, deux plaies sociales de Mayotte.

Un signal plus large pour les outre-mer

Au-delà des chiffres mahorais, Choose Outre-Mer a généré près de 6 milliards d'euros d'engagements nationaux sur plus de cent projets. Les secteurs ciblés — transition énergétique, infrastructures, économie bleue, numérique — dessinent un agenda de transformation profonde. La plateforme Bpifrance a par ailleurs lancé un Accélérateur Croissance dédié à quinze PME mahoraises, tandis que le fonds d'impact Outre-mer One a bouclé sa première levée à 34 millions d'euros.

« Une véritable stratégie d'investissement productif » — c'est en ces termes que le gouvernement a qualifié la philosophie du sommet, dont la prochaine édition est prévue en Nouvelle-Calédonie début 2027.

Pourquoi c'est important

Pour Mayotte, qui sort d'une décennie marquée par les crises sanitaires, migratoires et climatiques, l'enjeu n'est pas symbolique. Ces trois projets représentent des emplois locaux, une industrie résiliente et une infrastructure vitale. Ils signalent aussi aux investisseurs que l'île, souvent perçue comme un territoire à risque, peut être un terrain d'investissement viable — à condition que l'État tienne ses engagements sur la durée.

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