En moins de 72 heures, les affrontements et le couvre-feu imposé à partir du 13 octobre 2026 sur près d'un tiers du territoire mauricien ont infligé un choc économique inédit à l'île. Business Mauritius a rendu public, ce 17 octobre, son premier bilan consolidé : entre 270 et 470 millions de roupies de coûts directs, concentrés sur les journées les plus violentes.
Le commerce et l'agriculture en première ligne
Le secteur du commerce de gros et de détail enregistre la majorité des signalements : une quinzaine d'établissements endommagés ou pillés. L'agriculture sucrière est également frappée : environ 17 450 tonnes de canne à sucre ont été incendiées, soit entre 15 et 18 millions de roupies de pertes selon la Mauritius Chamber of Agriculture. Le secteur bancaire, lui, évalue ses dommages à 2,2 millions de roupies (Mauritius Bankers' Association).
L'image internationale sous pression
Business Mauritius a recensé, au 15 octobre, onze reprises dans des médias de premier plan : BBC News, Bloomberg, Le Monde, Al Jazeera, Le Parisien. « Le coût de restauration de notre image de stabilité et de sécurité est impossible à chiffrer à ce stade », admet l'organisation patronale. Pour le tourisme, Guy Zekri, CEO de Beachcomber Tours, se veut rassurant : « Pour les touristes, il ne se passe rien. » À court terme, les bookings tiendraient, mais la haute saison approche et chaque semaine de crise prolonge le risque.
Contexte : une crise sociale aux racines profondes
Les protestations ont démarré sur fond de coupures d'eau et d'électricité répétées, d'un coût de la vie en hausse, et de tensions autour des violences policières. Le gouvernement a imposé un couvre-feu entre 20h30 et 6h00 dans quinze zones, avec une amende de 50 000 roupies (environ 940 €) et jusqu'à cinq ans de prison pour les contrevenants. La libre circulation reste assurée vers l'aéroport SSR et le port de Port-Louis.
Pourquoi c'est important
Maurice a bâti son modèle économique sur une réputation de stabilité exemplaire en Afrique subsaharienne et dans l'Océan Indien. Les troubles d'octobre remettent en question cet actif immatériel qui attire investisseurs étrangers, touristes haut de gamme et sièges régionaux. Le chiffrage rapide de Business Mauritius est un signal fort : l'île sait évaluer le coût de l'instabilité, et dispose des institutions pour réagir. La vitesse de la réponse institutionnelle et la communication internationale des prochaines semaines seront déterminantes pour préserver la confiance des marchés.