[MAURICE] Tourisme S1 2026 : 55,9 milliards de roupies de revenus et 804 633 arrivées — le seul moteur solide d'une économie sous pression

804 633 arrivées de touristes en janvier-juillet (+2,1 % sur un an), revenus au S1 en hausse de 18 % à Rs 55,9 milliards : dans une économie mauricienne sous pression stagflationniste, le tourisme reste le seul secteur véritablement porteur.

Maurice — Business.OI
Photo : Lelani Badenhorst / Pexels

Sur les sept premiers mois de 2026, Maurice a accueilli 804 633 touristes, soit une hausse de 2,1 % sur un an. Les revenus touristiques du premier semestre ont progressé de 18 % pour atteindre 55,9 milliards de roupies mauriciennes. Dans une conjoncture marquée par la stagflation et la chute de l'investissement privé, le tourisme reste le principal pilier de l'économie mauricienne.

Une saison au-dessus des attentes

La performance touristique du premier semestre 2026 dépasse les projections initiales. Malgré les tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui ont alourdi les coûts du fret maritime et de l'aviation, les arrivées ont progressé de 2,1 % sur sept mois. Surtout, les recettes ont décroché du simple volume : +18 % à 55,9 milliards de roupies au premier semestre, un signe que les touristes dépensent davantage et que la montée en gamme de l'offre hôtelière mauricienne porte ses fruits. En réponse, les autorités ont révisé à la hausse leur objectif annuel d'arrivées à 1,47 million de visiteurs.

L'Europe tient bon, le MICE en relais

L'Europe reste le premier marché émetteur, portée par des liaisons directes avec la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Les économistes identifient le secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferences, Exhibitions) et les croisières comme les relais de croissance à développer pour le dernier trimestre 2026, notamment lors de la saison haute européenne. La Banque de Maurice a maintenu son taux directeur à 4,75 % en août 2026 — après une hausse en mai — signalant l'équilibre délicat entre la lutte contre l'inflation (4,9 %) et le soutien à la demande touristique.

Un moteur puissant mais une dépendance à gérer

Si le tourisme brille, l'économie mauricienne affiche des signaux contradictoires. La croissance annuelle a été révisée à 2,8-3 %, en retrait par rapport aux 3,2 % de 2025. L'investissement privé devrait reculer de 1,2 %. Les PME souffrent de difficultés de financement. Dans ce contexte, l'économiste Sameer Sharma parle d'un « choc stagflationniste » importé via les tensions au Moyen-Orient. La dépendance au tourisme comme seul moteur solide de croissance interroge sur la résilience du modèle mauricien face aux chocs exogènes.

Pourquoi c'est important

Le tourisme représente environ 20 % du PIB mauricien et un multiplicateur économique majeur pour l'hôtellerie, la finance et l'immobilier. Une année touristique solide en 2026 donnera à l'économie mauricienne les ressources pour absorber les chocs structurels en cours. Mais la concentration du risque sur un seul secteur reste une vulnérabilité réelle : accélérer la diversification vers l'ICT, les services financiers à haute valeur ajoutée et l'économie verte demeure la priorité stratégique pour pérenniser la croissance au-delà des saisons touristiques.

Source : newsmoris.com, octobre 2026 ; Bank of Mauritius ; statistiques Tourism Authority of Mauritius.

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