La Formation brute de capital fixe (FBCF) a reculé de 9,7 % au deuxième trimestre 2026 à l'île Maurice, selon les comptes nationaux trimestriels publiés le 30 septembre par Statistics Mauritius. Un signal d'alarme pour une économie qui espérait accélérer après un premier trimestre à +1,7 %.
Machines et automobiles en chute libre
Le poste le plus touché est celui des machines et équipements, en repli de 16,8 %. Les achats de voitures de tourisme se sont littéralement effondrés : -65 % sur le trimestre, tandis que les autres équipements de transport accusent un recul de 35,4 %. La construction n'est pas épargnée : -3,7 % au global, avec les bâtiments non résidentiels à -13,5 %.
Une croissance globale à deux vitesses
Paradoxalement, le PIB mauricien a progressé de 3 % au T2 2026 en rythme annuel. Les moteurs ? La santé et l'action sociale (+18,9 %), l'éducation (+9,3 %), l'administration publique (+7,9 %) et la finance-assurance (+4,5 %). En revanche, l'hôtellerie-restauration a reculé de 1,3 % et les entreprises orientées à l'export de 6,9 %. Les exportations de biens et services ont progressé de 2,6 %, tirées par les services (+8 %), tandis que les importations chutaient de 10,2 %.
Par ailleurs, Statistics Mauritius a procédé à une révision majeure du PIB en changeant d'année de référence (2006 à 2023). La valeur du PIB 2023 est ainsi portée à 695,2 milliards de roupies (contre 637 milliards auparavant), soit une révision à la hausse de 9,1 %. Ce rebasement intègre notamment les activités de merchandising des Global Business Companies (GBC), valorisées à près de 20 milliards de roupies.
Des prévisions 2026 sous pression
Pour l'ensemble de l'année 2026, Statistics Mauritius table sur une croissance de 3 % — en recul par rapport aux 3,5 % enregistrés en 2025. L'investissement réel devrait reculer de 1,1 %, avec l'investissement privé à -0,8 % et l'investissement public à -2,3 %. La consommation finale ralentit à 2,2 %. Le PIB nominal 2026 est estimé à 873,1 milliards de roupies. La Banque de Maurice maintient son taux directeur à 4,75 %, relevé de 25 points de base en mai, puis inchangé depuis lors.
Les secteurs moteurs identifiés pour le reste de l'année restent la finance et l'assurance, le commerce, les transports, les TIC et les énergies renouvelables. Les principaux risques signalés par les économistes : la hausse des prix du pétrole, les tensions au Moyen-Orient, la faiblesse de la demande européenne et la volatilité de la roupie.
Pourquoi c'est important
Un recul aussi marqué de l'investissement privé — notamment sur les équipements et les véhicules — est un indicateur avancé préoccupant. Il signale que les entreprises mauriciennes diffèrent leurs dépenses d'expansion dans un contexte d'incertitude internationale et de coûts élevés. À terme, ce repli pèse sur la capacité productive du pays et remet en question sa capacité à renouer avec une croissance soutenue au-delà des 3 %.
Sources : Statistics Mauritius (30 septembre 2026), ionnews.mu, allAfrica.com