La Banque de Maurice a relevé son taux directeur (Key Rate) de 25 points de base, à 4,75 %, invoquant des risques inflationnistes ravivés et un environnement international très incertain. Une décision qui pèse sur le coût du crédit alors que la croissance est revue à la baisse.
Un resserrement justifié par l'inflation importée
Dans son communiqué, l'institution monétaire pointe une inflation importée en hausse : « L'inflation importée a augmenté, portée par des prix de l'énergie plus élevés et des coûts de fret et de logistique élevés. » La banque centrale table sur une inflation de 5,5 % pour 2026 et met en avant l'incertitude géopolitique et la persistance des pressions sur les prix pour justifier son geste.
La croissance sacrifiée à la stabilité des prix
Le durcissement a un prix : la Banque de Maurice a révisé sa prévision de croissance à 2,8 % pour 2026, contre une fourchette de 3,3 % à 3,5 % précédemment. L'institution attribue ce ralentissement à l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, sous l'effet de la hausse des carburants et de l'électricité, ainsi qu'à des arrivées touristiques plus faibles qu'espéré.
Un arbitrage classique de banque centrale
En relevant les taux, la Banque de Maurice choisit d'ancrer les anticipations d'inflation quitte à freiner l'activité. Le taux, maintenu depuis février 2025, retrouve une trajectoire ascendante qui renchérit mécaniquement le crédit aux entreprises et aux ménages.
Le contexte extérieur explique en grande partie ce durcissement. Petite économie ouverte, Maurice importe l'essentiel de son énergie et de ses biens de consommation : toute tension sur les prix mondiaux, les taux de fret ou les routes maritimes se répercute rapidement sur les prix intérieurs. La banque centrale dispose de peu de leviers sur ces facteurs importés ; en jouant sur le taux directeur, elle agit surtout sur la demande interne et sur la défense de la roupie, dont la stabilité conditionne le coût des importations.
Pourquoi c'est important
Pour les entreprises mauriciennes, ce tour de vis signifie un financement plus cher au moment où la demande intérieure faiblit. Pour les investisseurs de la région, le message est double : la roupie est défendue, mais l'économie tourne à un régime plus contraint. L'arbitrage entre maîtrise de l'inflation et soutien à la croissance sera la ligne de crête de la politique monétaire mauricienne dans les prochains mois.