[MAURICE] Inflation à 4,1 % au T2 2026 : énergie, diesel et pain plombent le pouvoir d'achat

L'IPC mauricien progresse de +2,4 % au T2 2026, portant l'inflation annuelle à 4,1 %. Électricité +14,4 %, diesel +18,2 %, pain +42,9 % : les ménages subissent une pression inédite depuis des années.

Maurice — Business.OI
Photo : Anie Mariano / Pexels

L'indice des prix à la consommation (IPC) à Maurice a progressé de 2,4 % au deuxième trimestre 2026, portant le taux d'inflation annuel à 4,1 % — contre 2,9 % un an plus tôt. Une accélération significative qui érode le pouvoir d'achat des ménages mauriciens sur fond de tensions énergétiques mondiales.

L'énergie, principal foyer de tension

Le poste logement et énergie s'est envolé de +6,6 % sur le trimestre. L'électricité a bondi de +14,4 % et le gaz ménager de +26,4 % — un record qui frappe en priorité les foyers à revenus modestes. Le transport n'est pas en reste : +4,8 % au total, avec le diesel à +18,2 %, l'essence à +9,9 % et les taxis à +12,6 %. Ces hausses se répercutent mécaniquement sur les coûts logistiques et, in fine, sur les prix en rayon.

L'alimentation sous pression

L'alimentation a progressé de +2,6 %, mais certains produits de base s'envolent : le pain a augmenté de +42,9 % en un an, l'huile de cuisson de +13,6 %. Ces hausses sur des produits du quotidien constituent une pression directe sur les ménages les plus vulnérables de l'île.

La Banque de Maurice a déjà réagi

Le 20 mai 2026, la Banque de Maurice avait relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 4,75 %. La gouverneure Dr Priscilla Muthoora Thakoor avait justifié cette décision par la nécessité de « contenir les pressions inflationnistes et de préserver la stabilité macroéconomique. » L'institution projette désormais une inflation à 5,5 % sur l'ensemble de 2026, bien au-dessus de sa fourchette cible de 2-5 %.

Pourquoi c'est important

Maurice affiche une inflation (4,1 %) bien supérieure à celle de ses principaux partenaires commerciaux — France (0,9 %), États-Unis (2,7 %), Royaume-Uni (3,4 %). Pour une petite économie ouverte très dépendante des importations, cette divergence pèse sur la compétitivité des exportations et renchérit la vie quotidienne. Dans un contexte où la croissance du PIB a déjà été révisée à la baisse à 2,8 % et où les arrivées touristiques aériennes ont chuté de -8 % en avril, la pression sur le pouvoir d'achat risque de freiner la reprise de la consommation intérieure au second semestre.

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