Le marché du travail mauricien affiche une légère amélioration au premier trimestre 2026, avec 6 100 postes nets créés sur un an et un taux de chômage qui recule à 5,7 %. Mais derrière ces chiffres globalement positifs, les inégalités de genre et générationnelles persistent avec une acuité préoccupante.
Une dynamique annuelle positive, une séquentielle en retrait
Selon Statistics Mauritius, le premier trimestre 2026 enregistre 6 100 emplois supplémentaires par rapport à la même période en 2025. Le taux de chômage recule à 5,7 %, contre 6,0 % un an auparavant. La population active atteint désormais 587 000 personnes.
Ces chiffres confirment une dynamique de reprise portée en grande partie par le secteur des services, qui représente 77,1 % de l'emploi total à Maurice, suivi du secteur secondaire (18,2 %) et du secteur primaire (4,7 %).
Toutefois, la lecture trimestrielle tempère l'optimisme : par rapport au quatrième trimestre 2025, l'emploi a reculé de 7 200 postes. Cette contraction séquentielle, potentiellement liée à des facteurs saisonniers, mérite un suivi attentif dans les prochains trimestres.
Les femmes et les jeunes : l'angle mort du rebond
Les disparités restent marquées. Le taux de chômage des femmes s'établit à 7,5 %, soit presque le double de celui des hommes, fixé à 4,3 %. Du côté des jeunes de 16 à 24 ans, la situation est encore plus préoccupante : le chômage atteint 19,1 % dans cette tranche d'âge, et grimpe à 22,2 % pour les jeunes femmes.
Parmi les 33 300 personnes sans emploi recensées, 57 % sont des femmes. 52 % d'entre elles ne disposent pas du School Certificate — le premier diplôme officiel du système éducatif mauricien. 82 % cherchent un emploi depuis moins d'un an, signe que la rotation reste élevée mais que l'insertion durable pose problème.
Un taux d'activité féminin structurellement bas
Le taux d'activité féminin reste à 49,3 %, très en deçà des 70 % enregistrés chez les hommes. Cet écart de plus de 20 points traduit des barrières structurelles — accès à la garde d'enfants, mobilité géographique, représentations sociales — qui dépassent les seuls mécanismes du marché du travail.
Pourquoi c'est important
L'écart entre les trajectoires d'emploi masculine et féminine soulève des questions structurelles sur l'accès à la formation, aux services de garde et aux opportunités professionnelles à Maurice. Avec une économie fortement tertiarisée — où les services représentent plus des trois quarts de l'emploi — l'intégration des femmes et des jeunes est une condition nécessaire à une croissance inclusive pérenne.