Le compte courant de l'île Maurice s'est nettement dégradé au deuxième trimestre 2026 : le déficit s'est creusé à Rs 19,1 milliards, contre Rs 13,1 milliards un an plus tôt, soit une aggravation de 46 % en douze mois. Selon les données publiées par Statistics Mauritius le 5 octobre 2026, la hausse des importations d'hydrocarbures reste le principal facteur de cette détérioration.
Une facture énergétique qui s'emballe
Les importations de marchandises ont bondi de 19,5 % pour atteindre Rs 90,5 milliards au T2 2026. Les combustibles et lubrifiants représentent l'essentiel de cette progression, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes sur les marchés mondiaux du pétrole. La dépendance de l'économie mauricienne aux énergies fossiles importées constitue ainsi une vulnérabilité structurelle difficile à résorber à court terme.
Du côté des exportations de marchandises, la progression reste modeste : +4,3 %, à Rs 28,9 milliards. Le déséquilibre s'accentue et le déficit commercial brut atteint désormais Rs 54,1 milliards sur la période.
Tourisme et Global Business, les amortisseurs du choc
L'économie mauricienne dispose cependant d'amortisseurs significatifs. L'excédent des services s'établit à Rs 35,3 milliards, principalement porté par des recettes touristiques en hausse de 7,9 %, confirmant la bonne dynamique du premier semestre. Le secteur du Global Business génère quant à lui des marges nettes de Rs 7,6 milliards, témoignant de l'attractivité persistante du centre financier mauricien.
Sur le plan des flux de capitaux, le compte financier enregistre des entrées nettes de Rs 20,8 milliards, dont Rs 16,2 milliards d'investissements directs étrangers. Ces flux permettent, pour l'heure, de financer le déficit courant sans recours excessif aux réserves de change.
Pourquoi c'est important
Un déficit courant de cette ampleur révèle une dépendance structurelle aux importations d'énergie que les autorités peinent à réduire malgré les ambitions affichées en matière de transition énergétique. Pour les décideurs et les investisseurs, ce chiffre signale une pression croissante sur la roupie mauricienne et, à terme, sur les réserves de change. La facture pétrolière demeure le principal risque macroéconomique pour le reste de l'année 2026 : toute remontée des cours du brut aggraverait mécaniquement le déséquilibre extérieur de l'île.
Source : Statistics Mauritius, T2 2026.