[MAURICE] Croissance ralentie à 2,8 % : inflation à 4,9 % et « choc stagflationniste » au quatrième trimestre

Maurice révise sa croissance à 2,8-3 % pour 2026, avec une inflation à 4,9 % en août et un choc stagflationniste direct lié aux tensions au Moyen-Orient. L'investissement privé recule de 1,2 %.

Maurice — Business.OI
Photo : Artem Kulinych / Pexels

Maurice aborde le quatrième trimestre 2026 avec une croissance révisée à la baisse, entre 2,8 et 3 % selon les économistes, contre 3,2 % en 2025. L'inflation à 4,9 % en août et la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient composent un tableau préoccupant pour le dernier trimestre.

Le ralentissement en chiffres

Le PIB réel du premier trimestre 2026 n'a progressé que de 2 %, contre 3,4 % un an plus tôt. Les statistiques trimestrielles du T3 ne sont pas encore disponibles. L'investissement privé est attendu en recul de 1,2 % en volume pour l'année, selon Statistics Mauritius. La Banque de Maurice a relevé son taux directeur de 25 points de base en mai pour le porter à 4,75 %, avant de le maintenir en août face à l'incertitude.

La double contrainte : inflation et demande faible

Manisha Dookhony, économiste, estime l'inflation à environ 5 %. L'économiste Sameer Sharma identifie la cause principale : « Un choc stagflationniste direct » lié à la hausse des coûts énergétiques et logistiques induits par les tensions au Moyen-Orient. L'indice d'exportation manufacturière est tombé à 78,1 en 2025, signal d'un effritement de la compétitivité industrielle.

Le tourisme, seule vraie éclaircie

Entre janvier et juillet 2026, les arrivées touristiques ont progressé de 2,1 % pour atteindre 804 633 visiteurs. Les recettes touristiques du premier semestre ont bondi de 18 % à Rs 55,9 milliards. L'objectif annuel révisé est fixé à 1,47 million d'arrivées. Les services financiers, l'ICT/BPO et les projets d'énergie renouvelable sont également cités comme relais de croissance potentiels.

Pourquoi c'est important

Pour les décideurs et investisseurs actifs à Maurice, la combinaison inflation-ralentissement signale que la reprise post-Covid est désormais derrière le pays. Les secteurs exposés au commerce international (manufacturier, logistique) devront s'adapter à un environnement de coûts durablement plus élevés. La capacité de la Banque de Maurice à piloter sa politique monétaire entre soutien à la croissance et maîtrise de l'inflation sera déterminante pour les perspectives 2027.

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