Statistics Mauritius a publié ce lundi ses nouvelles estimations de comptes nationaux, avec une révision majeure à la hausse du PIB historique et, dans le même temps, une confirmation du ralentissement de la croissance pour 2026. Une économie « plus grande » sur le papier, mais qui décélère structurellement.
Un PIB 2023 réévalué de 9,1 %
La principale nouveauté de cette publication est méthodologique : Statistics Mauritius a changé l'année de référence (de 2018 à 2023) et intégré les résultats du Census of Economic Activities 2023, ainsi que les normes du Système de comptabilité nationale 2025. Résultat : le PIB nominal 2023 passe de Rs 637,0 milliards à Rs 695,2 milliards — une hausse de Rs 58,2 milliards, soit +9,1 %. À noter que l'incorporation des activités de négoce international du secteur Global Business contribue pour environ Rs 20 milliards à cette révision.
Il ne s'agit donc pas d'une richesse nouvelle : la révision reflète une meilleure capture statistique de l'économie réelle, pas une performance économique supplémentaire.
La croissance 2026 projetée à 3 %
Les projections pour 2026 confirment le ralentissement observé en début d'année. La croissance du PIB réel est attendue à 3,0 % — contre 3,5 % en 2025 et 4,2 % en 2024. En termes nominaux, le PIB devrait atteindre Rs 873,1 milliards cette année, avec un PIB par habitant estimé à Rs 703 970.
L'investissement fléchit de 1,1 % en termes réels, sous l'effet d'un recul de l'investissement public (-2,3 %) et d'un tassement du privé (-0,8 %). La consommation finale ralentit également à +2,2 %.
Les moteurs : finance, commerce, tourisme
Les services financiers et d'assurance restent le premier contributeur à la croissance de la valeur ajoutée (+0,5 point), suivis du commerce (+0,4 point) et des transports (+0,3 point). L'île devrait accueillir 1 470 000 touristes en 2026, un chiffre en hausse mais dont la contribution à la croissance globale reste modérée.
Pourquoi c'est important
Maurice aborde le quatrième trimestre 2026 dans une configuration inédite : un PIB officiellement plus grand qu'avant, mais une dynamique de croissance qui s'étiole — 3 % contre 4,2 % il y a deux ans. La révision du PIB est une bonne nouvelle pour les ratios dette/PIB et déficit/PIB, mais elle ne masque pas le ralentissement réel. Les décideurs devront arbitrer entre la consolidation fiscale — avec un investissement public en repli — et la nécessité de soutenir la croissance dans un contexte international incertain.