Depuis début 2025, dix sociétés ont quitté la cote officielle de la Bourse de Maurice (SEM). Radiations réglementaires, retraits stratégiques, fusions : cette vague sans précédent soulève des questions sur l'attractivité et la liquidité du marché boursier mauricien.
Un phénomène multifactoriel
Les motifs de départ sont variés. Quatre sociétés ont procédé à des réorganisations internes : Caudan Development a cédé sa place à PaD via un scheme of arrangement, ABC Banking a été absorbée par ABCB Holdings, Rogers s'est retirée avant la cotation de NEWENL/Rogers, et Cavell Touristic Investments a fusionné avec Terra Hospitality and Leisure.
Deux autres entreprises ont été radiées pour manquements réglementaires : Crytel en juin 2025 pour « manquements persistants aux règles applicables », et United Investments, placée sous administration judiciaire (Insolvency Act 2009) en août 2025.
La concentration du capital a justifié deux retraits supplémentaires : COVIFRA suite à la consolidation par un actionnaire unique, et C-Care dont la participation de contrôle est passée de 67,41 % à 92,76 % après un rachat massif.
Des départs stratégiques qui interrogent
Les deux derniers retraits sont peut-être les plus révélateurs. PSG Financial Services a quitté la cote le 31 août 2026, invoquant explicitement la « faible liquidité » et les coûts administratifs excessifs d'une cotation boursière. Avanz Growth Markets a suivi le 7 septembre 2026.
Ces sorties volontaires pointent un problème structurel : pour certaines PME et sociétés de niche, le marché mauricien ne génère pas assez d'échanges pour justifier les contraintes réglementaires et les coûts de la cotation.
Un SEMDEX sous pression
Le désinvestissement net a atteint Rs 1,1 milliard au second semestre 2025. Le SEMDEX a chuté de 3,23 % au quatrième trimestre 2025, avant de récupérer partiellement pour atteindre 2 382 points — soit un gain de 73 points sur le dernier semestre.
La comparaison internationale est sévère : le MSCI World a progressé de 10,5 % sur la même période, et le MSCI Emerging Markets de 14,9 %. La bourse mauricienne peine à rivaliser avec les grands indices mondiaux pour attirer les capitaux étrangers.
Pourquoi c'est important
Une place boursière qui compte moins de sociétés cotées perd en profondeur et en liquidité, deux critères déterminants pour les investisseurs institutionnels. La SEM doit trouver des incitations pour attirer de nouveaux émetteurs — notamment des startups tech régionales ou des sociétés du secteur numérique — au risque de voir son attractivité s'éroder face à la concurrence de marchés comme Johannesburg ou Nairobi.
Sources : ION News Mauritius, Stock Exchange of Mauritius