[MADAGASCAR] Affaire des Boeing iraniens : le procès reprend mardi, Ravatomanga toujours sous contrôle judiciaire à Maurice

Le procès de la vente de 5 Boeing à l'Iran reprend mardi à Antananarivo. 33 accusés, dont d'anciens ministres. Ravatomanga reste sous enquête à Maurice (FCC).

Madagascar — Business.OI
Photo : Tsiandy Ramanitriniony / Pexels

Le procès de l'affaire des Boeing vendus à l'Iran reprend mardi 27 octobre à Antananarivo. Trente-trois personnes sont mises en cause. L'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga, visé par une enquête pour crimes financiers à Maurice, reste bloqué sur l'île sœur.

Le dossier : cinq Boeing, l'Iran et un montage opaque

Au cœur de l'affaire : cinq Boeing immatriculés à Madagascar qui auraient été transférés à l'Iran en violation des sanctions internationales. Les accusés auraient facilité ces transactions via Udaan Aviation, une société malgache dépourvue de tout capital ou d'expérience dans le secteur aérien, adossée à une subvention de 40 millions USD de la Banque mondiale. Deux des appareils (immatriculés 5R-RIS et 5R-ISA) sont spécifiquement mentionnés dans les investigations mauriciennes. Le Pôle anti-corruption (PAC) de Madagascar a rouvert le dossier et auditionné d'anciens responsables de l'Aviation civile (ACM), dont le directeur général, incarcéré, qui affirme avoir agi sur instruction directe d'un ministre.

Ravatomanga entre Maurice et Antananarivo

Figure centrale du réseau économique proche de l'ex-président Andry Rajoelina — aujourd'hui en exil à Dubaï —, Mamy Ravatomanga est actuellement visé par une enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) de Maurice, qui examine des flux financiers liés à Udaan Potentials Ltd, une entité mauricienne radiée du registre en janvier 2025. Le procès à Antananarivo implique 33 accusés, dont d'anciens ministres et hauts fonctionnaires. L'ancien Premier ministre Christian Ntsay, qui avait repris le portefeuille des Transports après le limogeage du ministre Valéry Ramonjavelo, serait lui aussi à Dubaï.

Un réseau à géographie variable, une coopération judiciaire en panne

L'affaire illustre une réalité que les enquêteurs de la région connaissent bien : les flux suspects dans la zone OI transitent par plusieurs juridictions — Madagascar, Maurice, Dubaï. Une mission du FBI américain, pourtant annoncée, n'a jamais eu lieu. La coopération internationale patine, permettant aux principaux protagonistes de rester hors de portée des tribunaux malgaches.

Pourquoi c'est important

Au-delà du scandale judiciaire, cette affaire cristallise les enjeux de gouvernance qui freinent l'investissement dans la zone OI. Pour les entreprises étrangères qui envisagent Madagascar, la reprise du procès est un signal positif : l'État essaie de nettoyer ses affaires. Mais l'exil des principaux accusés en dit long sur les limites des mécanismes régionaux de coopération judiciaire — un chantier qui conditionne la crédibilité du continent aux yeux des investisseurs.

Ne manquez rien de l'actualité business de l'Océan Indien

Rejoignez les décideurs qui lisent Business.OI chaque matin.

L'essentiel de l'éco de l'Océan Indien, chaque matin. S'abonner
Observatoire