Un basculement géopolitique et économique s'opère en 2026 sur la carte des fusions-acquisitions africaines : le Kenya vient de dépasser le Nigeria pour devenir le premier marché africain en volume de transactions M&A. Nairobi confirme son statut de hub continental, porté par une convergence de facteurs structurels et d'opérations emblématiques.
Nairobi, capital des deals africains
La montée en puissance du Kenya s'appuie sur plusieurs piliers : la maturité de son marché financier (NSE), une base technologique dense (Nairobi Silicon Savannah), un cadre réglementaire favorable aux transactions transfrontalières, et l'appétit croissant des capitaux du Golfe et d'Asie pour la région Est-africaine. En 2026, Nairobi concentre non seulement les deals tech et fintech, mais également des opérations dans les secteurs de l'énergie, des infrastructures et de l'agroalimentaire.
Le recul du Nigeria : facteur structurel ou conjoncturel ?
Le Nigeria, longtemps dominant en M&A africaine, subit les effets conjugués de l'instabilité du naira, des tensions réglementaires et d'un environnement des affaires perçu comme moins prévisible par les investisseurs étrangers. Cette recomposition ne signifie pas l'effacement de Lagos, mais le rééquilibrage vers Nairobi est désormais documenté par les opérateurs du secteur.
Pourquoi c'est important
Pour les investisseurs de l'Océan Indien — Maurice en tête, avec son secteur financier offshore — ce basculement ouvre des opportunités concrètes. La place mauricienne, passerelle traditionnelle entre l'Afrique et l'Asie, est directement concernée par les flux de capitaux qui transitent par Nairobi. Les gestionnaires de fonds et les banquiers d'affaires basés à Port-Louis ont tout intérêt à renforcer leurs relations avec les deal-makers kenyans dans ce nouveau contexte.
Sources : Rio Times Online, agenceecofin.com, Dabafinance (2026)