Lancée en février 2026, l'Outsourcing Alliance of Kenya (OAK) fédère les acteurs clés du secteur de l'externalisation numérique au Kenya. Avec un objectif de 100 000 emplois, des programmes gouvernementaux de formation ciblés et une infrastructure numérique solide, le Kenya entend s'imposer comme hub continental des Global Business Services.
L'OAK, vitrine structurée du BPO kényan
L'Outsourcing Alliance of Kenya regroupe des acteurs majeurs : la CCI Kenya, CloudFactory Kenya, Teleperformance Kenya et Sama Kenya. Elle vise à dépasser les 20 membres d'ici mi-2026 pour structurer un secteur jusqu'alors fragmenté. Le Secrétaire principal en charge des TIC, John Tanui, a apporté le soutien officiel du Ministère de l'Information, des Communications et de l'Économie numérique à l'initiative — un signal fort de l'engagement gouvernemental.
100 000 postes : une ambition ancrée dans la jeunesse
L'objectif déclaré est de créer 100 000 postes sur l'ensemble de la chaîne de valeur des Global Business Services (BPO et services IT externalisés). Dans un pays où le taux de chômage officiel reste à 5,2 % mais où le sous-emploi des jeunes est une préoccupation structurelle, l'OAK s'appuie sur deux programmes phares du gouvernement : Ajira Digital et Jitume, qui forment les jeunes Kenyans aux compétences numériques recherchées par les donneurs d'ordre internationaux.
Un terrain fertile pour l'outsourcing africain
Le Kenya bénéficie d'une infrastructure numérique solide avec une pénétration internet de 48 %, d'une main-d'œuvre jeune, anglophone et de plus en plus qualifiée, et d'une position géographique favorable pour servir les marchés européens, américains et moyen-orientaux. Nairobi s'est progressivement imposé comme le centre névralgique de la tech africaine, après avoir détrôné Lagos dans l'attraction du capital-risque régional en 2025.
Pourquoi c'est important
L'émergence d'une industrie BPO structurée au Kenya illustre la maturité croissante de l'écosystème numérique africain. Pour les entreprises de l'Océan Indien — Maurice en tête, qui développe ses propres ambitions en finance numérique — le modèle kényan est une référence : démontrer qu'un pays africain peut capter de la valeur dans la chaîne numérique mondiale, pas seulement la consommer. Un chemin que l'Île Maurice, avec sa Stratégie nationale FinTech 2026-2030, entend également emprunter.