[KENYA / AFRIQUE] Le Trésor kényan ramène sa prévision de croissance à 5 % pour 2026

Nairobi révise sa croissance 2026 de 5,3 % à 5 %, pénalisée par le conflit au Moyen-Orient. Le manque à gagner fiscal atteint Sh 90,1 milliards. Le crédit repart (+9,3 %) mais les risques budgétaires s'accumulent.

Kenya — Business.OI
Photo : Mukula Igavinchi / Pexels

Le ministère des Finances kenyan a revu à la baisse ses projections de croissance pour 2026 : la prévision passe de 5,3 % à 5 %, selon le Secrétaire principal Chris Kiptoo. La révision est imputée aux « perturbations causées par le conflit au Moyen-Orient, qui ont fait grimper les prix mondiaux du carburant, perturbé les chaînes d'approvisionnement et affaibli la demande externe ».

Une croissance qui reste solide malgré le repli

Malgré cet ajustement, le Kenya reste l'une des économies les plus dynamiques d'Afrique de l'Est. Les secteurs de l'agriculture, des services financiers, de l'industrie manufacturière, de la construction et du tourisme continuent de soutenir l'activité. Le taux directeur de la Banque centrale est tombé à 8,75 %, contre 13 % en 2024, relâchant progressivement les conditions de crédit. La croissance du crédit au secteur privé a accéléré à 9,3 %.

Le Trésor projette un rebond à 5,1 % en 2027 et 5,2 % en 2028, signalant que le ralentissement actuel est jugé temporaire.

Des pressions budgétaires persistantes

La révision intervient dans un contexte budgétaire tendu : les recettes fiscales ont accusé un manque à gagner de Sh 90,1 milliards sur l'exercice 2025-2026. Le déficit fiscal s'est resserré à 6,7 % du PIB, mais principalement grâce à des coupes dans les dépenses plutôt qu'à une amélioration des recettes. Le Trésor met en garde contre les risques liés à la hausse des salaires publics, aux dépenses d'urgence liées aux catastrophes naturelles et à la faiblesse des recettes fiscales.

Pourquoi c'est important

Le Kenya est le moteur économique de l'Afrique de l'Est et un baromètre pour la région. Son ralentissement — même modeste — signale aux investisseurs régionaux que l'environnement mondial pèse également sur les économies africaines à revenus intermédiaires. Pour les acteurs de l'Océan Indien, qui regardent Nairobi comme un hub logistique et financier, cette révision invite à réévaluer les expositions aux marchés d'Afrique de l'Est pour le second semestre 2026.

Sources : Trésor kényan, allAfrica.com, CNBC Africa, Kenyan Wallstreet (juillet 2026).

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